2017 marquée par la forte croissance des exportations
La quasi-stabilité du déficit commercial (107,5 MMDH), cache des évolutions profondes de la structure des échanges commerciaux. Le conjoncturel est plus du côté des importations (hydrocarbures, céréales) et les exportations se basent de plus en plus sur des secteurs matures, capables de relever le défi de la concurrence internationale: Phosphates, textiles, automobile et agroalimentaire.
Des importations
En 2017, les importations de marchandises ont subi une hausse de 26,3 MMDH. Celle-ci est essentiellement due aux augmentations des cours des hydrocarbures. La hausse des produits énergétiques (+15 MMDH) représente 57% de celle des importations de biens.
Une autre hausse difficilement compressible, concerne les importations de semi-produits et de produits bruts (6,3 MMDH). Elle suit mécaniquement l’augmentation du volume d’activité des industries exportatrices.
Le reliquat de la hausse est constitué des importations de biens de consommation. Celles-ci ont augmenté de 5,2%, à peine plus que la croissance globale de la valeur ajoutée du pays (4,8% du PIB). En d’autres termes, les achats internationaux des marocains ne vont pas plus vite que leur capacité à créer de la richesse.
Les services importés ont crû de 12,5%, à cause essentiellement de l’augmentation de la facture du transport. Cela prouve que les flux de marchandises du Maroc sont majoritairement gérés par des logisticiens étrangers.

Des exportations
Les exportations de marchandises ont progressé de 9,4%. Elles croissent plus vite que les importations (+6,4%).
La plus forte croissance concerne les phosphates et leurs dérivés (11,1%). Le plus spectaculaire dans cette évolution, est qu’elle est à rebours de la chute des cours, de près de 20%. Elle est essentiellement générée par une vigoureuse croissance des quantités exportées (36% pour la roche et 25% pour les engrais).
La seconde croissance concerne le secteur de l’automobile, qui croît de 7,3% pour atteindre 58,6 MMDH. La nouveauté en 2017 est l’émergence des nouveaux produits. En effet, pendant plusieurs années, les entreprises de câblage et les usines de Renault faisaient l’essentiel de l’export.
Aujourd’hui, le Maroc commence à diversifier son industrie automobile. Les investissements entrepris ces cinq dernières années, se sont traduits en 2017 par 5,9 MMDH de ventes et une croissance de 16%.
La même cause générant le même effet, la concrétisation de la politique des écosystèmes génère une croissance à deux chiffres dans l’industrie aéronautique: +20%.
La quatrième performance concerne les produits d’origine agricole, qui réalisent 51,9 MMDH de ventes et +7% de croissance. Ce secteur est essentiellement porté par l’industrie agroalimentaire qui performe à 9,8%.
Enfin le textile-habillement, qui n’a guère subi de reflux après sa grande performance de 2016, quand il a réalisé plus de 8,8% de croissance. Bien au contraire, il récidive avec un honorable 6,1%.

Balance des paiements
En 2017, le tourisme affiche une croissance de +8,5% et frôle les 70 MMDH. Les transferts des Marocains résidents à l’étranger enregistrent une croissance de 4,5% et atteignent 65,4 MMDH.
Enfin, le solde des flux d’investissements (capitaux entrants diminués des sortants) affiche une croissance de 15,4%. Ces trois sources de devises couvrent une partie du fort déficit commercial des biens, le faisant réduire à 17,6 MMDH soit 3,7% des importations à peine.