Le siège de l’Union africaine espionné pendant 5 ans par la Chine
La Chine aurait-elle espionné le siège de l’Union africaine pendant plusieurs années ? C’est en tout cas ce que révèle une enquête menée par le journal français Le Monde et publiée vendredi dernier.
L’enquête menée par Le Monde accuse Pékin d'avoir détourné durant des années des données sensibles de l'UA.
Selon le journal français, le bâtiment, où siège aujourd’hui l’Union africaine, lui a été offert par la Chine en 2012, en signe d’amitié. Un bâtiment entièrement équipé par la Chine, y compris les systèmes informatiques qui ont été livrés prêts à exploiter.
D'après Le Monde, les ingénieurs chinois auraient volontairement laissé des portes numériques dérobées (backdoors) donnant un accès discret à l’intégralité des échanges et des productions internes de l’organisation.
En janvier 2017, la cellule informatique de l’UA a détecté une étrange activité entre minuit et 2h du matin, alors que les bureaux du siège étaient vides. L’un des informaticiens s’est donc penché sur l’affaire pour comprendre la source de cette activité nocturne quotidienne. Voici donc ce qu’il a découvert selon Le Monde : Chaque nuit, les secrets de l’UA se sont retrouvés stockés à plus de 8.000 km d’Addis-Abeba, sur des mystérieux serveurs hébergés quelque part à Shanghaï.
Selon le même journal, les données internes de l’UA étaient massivement détournées de janvier 2012 à janvier 2017. Depuis cette découverte, l’UA aurait acquis ses propres serveurs et aurait décliné la proposition de la Chine pour les configurer.
L'ambassadeur chinois à l'UA a démenti les accusations du journal. Il a également dénoncé le créneau choisi pour diffuser l'information, à la veille de l'ouverture du sommet de l'organisation panafricaine, rapporte le journal BBC.