Mohamed Sajid:“L’obtention du Mondial ferait exploser les chiffres du tourisme marocain”
En attendant la date fatidique du 13 juin prochain, le ministre du Tourisme se dit très confiant quant à la candidature marocaine. Selon lui, l’organisation de cet événement planétaire permettra de faire remonter le Maroc dans le classement international des pays récepteurs du tourisme et de dépasser largement le cap des 20 millions de visiteurs.
En marge de la conférence de presse de Moulay Hafid Elalamy, consacrée à la candidature marocaine au Mondial 2026 à laquelle il assistait, Mohamed Sajid est revenu pour Médias24 sur l’impact touristique pour le Maroc au cas où il obtiendrait l’organisation de la Coupe du monde sur son sol.
"Les retombées seraient évidemment énormes mais pas uniquement en termes d’arrivées étrangères additionnelles. Une manifestation de cette envergure booste la dynamique générale d’investissement dans tous les domaines économiques et pour un pays comme le Maroc, c’est une vraie opportunité", déclare le ministre.
A la question de savoir si cet événement pourrait faire, à terme, du Maroc un pays comme la France ou l’Espagne qui accueillent respectivement 89 et 82 millions de touristes par an, Sajid se veut prudent en affirmant qu’on en est encore très loin, mais que "ce serait un tremplin inespéré".
"L’organisation du Mondial permettra surtout de mettre à niveau et de construire de nouvelles infrastructures ainsi que de positionner le pays comme une plate-forme importante sur le continent.
"Aujourd’hui, nous avons suffisamment de capacité d’hébergement et un réseau aéroportuaire très performant mais certaines zones qui souffrent encore d’un déficit d’infrastructures pourraient en bénéficier d’ici 2026. Au-delà de l’arrivée massive des supporters étrangers de 47 pays, cette manifestation générera surtout des investissements permettant de développer le pays d’accueil", ajoute Sajid qui refuse de révéler les projections d’arrivées touristiques supplémentaires.
Selon lui, hormis l’organisation qui sera profitable en termes d’équipements pour des régions enclavées, le rayonnement international qu’elle déclenchera, favorisera la croissance sur le plan touristique.
"L’organiser dans les meilleures conditions demande un travail colossal qui positionnera le Maroc comme une destination mondiale incontournable. En 2026, je pense que l’on pourra enfin arriver et même dépasser largement les fameux 20 millions d’arrivées qui étaient prévues pour 2020.
"L’année 2017 s’est terminée avec 11 millions de visiteurs et un taux de croissance annuel de 10% qui devrait se poursuivre jusqu’à l’horizon 2026. Si nous obtenons l’organisation du Mondial, cette tendance va s’accélérer voire même exploser après sa tenue", prédit le ministre du Tourisme.
Un observateur avisé de ce secteur, requérant l’anonymat, nous confirme que l’organisation du Mondial par le Maroc permettra de mettre en route une dynamique de travaux structurants qu’il n’hésite pas à comparer à un véritable plan Marshall pour l’économie nationale et le tourisme.
"Nous sommes tenus par la Fifa de construire un certain nombre d’équipements sportifs mais nous devons surtout livrer toutes les infrastructures permettant un bon accueil des nombreux supporters. En dehors de son côté sportif qui fédère les peuples, la Coupe du monde est un formidable accélérateur de réalisation d’équipements qui permet à l’organisateur de gagner au moins une décennie sur le développement normal d’une ville ou d’un pays.
"Si MHE n’a pas encore révélé le montant des investissements pour financer ces infrastructures, il faudra compter au moins 10 milliards de DH. Il y va de l’image du Maroc car toutes les caméras seront braquées sur lui pendant un mois avec la présence sur place de milliers de journalistes et les milliards de téléspectateurs devant leur télévision.
"Il faut éviter de construire des infrastructures qui ne seront ni utilisées ni amorties après le Mondial car le seul vrai gagnant est le tourisme. Pendant l’événement, nous pouvons atteindre un million de visiteurs supplémentaires sans compter la forte croissance des arrivées après la fin du Mondial", conclut, très optimiste notre interlocuteur.