Les échanges commerciaux en 2017: Une croissance forte et généralisée des secteurs d’exportation
Les premiers résultats des échanges commerciaux de 2017 sont publiés. La progression des exportations de plus 9% contredit les poncifs habituels: "faible productivité de l’économie marocaine", "incapacité des opérateurs à performer à l’export"...etc.
Première constatation: Dans un monde atone, qui ne s'est toujours pas relevé de sa crise de 2008, les exportateurs marocains réalisent un honorable score avec 9,3% de croissance.
Plus encore, tous les secteurs participent à l'effort, depuis la vénérable industrie textile (+5,9%), jusqu’à la flamboyante industrie aéronautique. Cette dernière affiche même, un insolent 18,4%!

Source: Office des changes.
Deuxième constatation: Les industries nouvelles (automobile, aéronautique & électronique) sont devenues en 2017, les premières pourvoyeuses de devises (78,5 milliards de DH).
Pour la première fois de l’histoire contemporaine du Maroc, des secteurs réputés incontournables pour l’économie marocaine, passent au second plan: le tourisme (69,6 MMDH), les MRE (65,3 MMDH) et les phosphates (44 MMDH).
La croissance au pas de charge de l’automobile risque même de s’emballer, quand les usines PSA et BYD entreront en production.
Troisième constatation: Des secteurs traditionnels tels que les phosphates et l’agriculture n’ont plus de "primaire" que le nom!
En effet, l’industrie agroalimentaire participe déjà pour plus de 61% du total du secteur agricole et réalise l’essentiel de sa progression. Quant à l’industrie des engrais, elle constitue aujourd’hui plus de 63% de l’ensemble des exportations de l’OCP contre 43% à peine quatre ans plutôt.
Quatrième et dernière constatation: Si l'on déduit les importations d'hydrocarbures (69 MMDH), le déficit commercial (119 MMDH) équivaudrait presque aux seules importations de biens d’équipements (105,5 MMDH), autant d’investissements pour le futur.
Source: Office des changes.

Source : Office des changes.
Cette rapide lecture des performances de 2017 (26,5 MM de dollars de ventes), montre bien que si les exportations peinent à tirer vers le haut le reste de l’économie et demeurent encore loin des réalisations des pays émergents (Turquie, Chili, Afrique du sud…), elles n’en constituent pas moins quatre fois celles de 2004 (6,5 MM de dollars de ventes, chiffres de la Banque mondiale)!