“Gas to Power”: la consultation restreinte sera lancée fin juin 2018 pour sélectionner un développeur
L'ONEE lancera en juin prochain une consultation restreinte, afin d’identifier l’opérateur qui aura la charge de construire le complexe GNL de Jorf Lasfar, apprend Médias24 de source sûre. A terme, cette installation deviendra le plus grand projet énergétique en Afrique, et assurera au Maroc une diversification de ses sources d’approvisionnement en gaz liquéfié.
Le processus restreint de sélection (RFQ : Request For Quotation) va déterminer la société qui assurera le développement, le financement, la construction, l’exploitation et la maintenance du complexe gazier. Pour rappel, un total de 93 sociétés avaient manifesté leur intérêt pour ce projet – dont 7 marocaines : Nareva, Fipar (CDG), Afriquia Gaz, Jesa, Greenpower, consortium Somagec/Chec (entreprise chinoise).
Ce processus intervient plus d’une année après l’identification de 3 sociétés de conseil – sur un total de quatre, devant accompagner l’ONEE dans la réalisation de ce projet. Spécifiquement sur les volets financier, juridique, approvisionnement et technique. A ce stade, seule la société de conseil en approvisionnement est en attente d’identification, selon un document du ministère de l’Energie. Une source interne nous indique que cette quatrième société a également été sélectionnée; mais, jusque-là, nous n'avons pas pu confirmer cette information.
La société en charge du conseil technique a, quant à elle, été sélectionnée en 2016. Il s’agit précisément du consortium franco-danois Sofregaz/Ramboll.
Fait intéressant, le ministre de tutelle Aziz Rabbah avait demandé à ces deux entreprises internationales d’envisager la construction de plateformes offshore (Floating LNG) dont la technologie est relativement récente.
Flottant au dessus d’un gisement gazier maritime, ces plateformes – dont très peu sont actives à l’international, permettent en effet la production de gaz naturel, sa liquéfaction, son stockage, ainsi que son transfert, sous forme de GNL, directement dans les soutes des navires-tankers.
Rappelons que le projet Gas to Power – le plus grand d’Afrique, porte sur la construction de centrales à cycle combiné d’une puissance de 2.400 Mw, aux-côtés d’un gazoduc reliant le terminal gazier au pipeline Maghreb-Europe. Ce projet comprend également la construction d’une jetée maritime, d’un terminal GNL incluant des bacs de stockage ainsi que les bretelles de raccordement nécessaires à l’alimentation des centrales énergétiques.
‘Gas to Power’, qui mobilise en globalité une enveloppe budgétaire de 4,6 MM $, verra la mise en service de ses infrastructures gazières en 2021 - ce qui coïncide avec l’expiration des contrats de redevance du gazoduc Maghreb-Europe. Les centrales à cycle combiné ainsi que les infrastructures de transport seront de leurs côtés opérationnelles entre 2021 et 2025.
Bien que le gaz naturel ne représente actuellement que 6% du mix énergétique national – avec 1,16 MM m3 consommés en 2016, l’objectif est de porter ce ratio à 25% de la consommation énergétique du royaume, à l’horizon 2030. Une année charnière pour le Maroc, qui verra pour la première fois la part des énergies renouvelables dépasser la consommation d’énergies fossiles pour la production d'électricité.

Dans ce contexte, la construction de centrales à cycle combiné est tout à fait opportune, dans le sens où elles permettent de réduire les intermittences générées par les énergies renouvelables.
A noter également que des projets GNL similaires – quoique de moindre envergure, sont actuellement à différent stades de développement dans plusieurs pays du continent africain: Côte d’Ivoire, Ghana, Namibie et Afrique du Sud.