Agriculture. Le mois de janvier sera décisif pour les céréales
Des pluies sont attendues à partir de vendredi 5 janvier sur la majorité du territoire national. Permettront-elles de relancer la campagne agricole en cours ?
Pour ce qui est de l’ensemble des barrages, la situation arrêtée au 4 janvier 2018 fait état d’un taux de remplissage de 35,7% avec une réserve de 5.431 Mm3 (millions de mètres cubes), contre 52,8% à la même période de l’année passée.
La faible pluviométrie automnale conjuguée aux maigres réserves a eu des effets non seulement sur les surfaces ensemencées des céréales et légumineuses, mais également sur les cultures irriguées. Effet immédiat : pénalisation de la production des primeurs et hausse des prix des légumes de plus de 5% en variation annuelle, précise le HCP.
Des pluies sont attendues à partir de ce vendredi 5 et se poursuivront jusqu'au 9 janvier sur la majorité du territoire national: le nord, le centre, l'est, le Souss et le nord des provinces du sud, selon les prévisions de la météo nationale.
Permettront-elles un retour à la normale, comme le prédit le HCP?
"En tant que paysan, je raisonne non pas en termes des pluies annoncées par la météo, mais en me basant sur les précipitations déjà enregistrées. Le retard est là, cette situation alarmante dure depuis deux mois. Les pluies tombées sont à la fois très faibles et mal réparties sur le plan régional. Retard des pluies et stress hydrique sont aujourd’hui une réalité avec laquelle il faudra composer. La campagne est déjà compromise à un fort pourcentage et à mon avis, il sera très difficile d’envisager une campagne moyenne", commente Abdelmoumen Guennouni, ingénieur agronome.
"J’ai eu l’occasion de sillonner le Maroc, ces derniers jours, et à part le Gharb et le Saïss où j’ai remarqué de la végétation permettant de retenir l’eau, je n’ai vu nulle part de traces de céréales, sachant que nous sommes en période de levée –Ndlr : apparition des premières pousses-. Les quelques gouttes de pluies qui sont tombées se sont heurtées majoritairement à un sol extrêmement sec, suite à 6 à 7 mois de fortes chaleurs, et parfois non labouré par les agriculteurs. L’eau s’est vite évaporée sans profiter aux terres", poursuit-il.
Mais pourquoi ces agriculteurs n’ont pas travaillé la terre pour la préparer à d’éventuelles précipitations ?
"Pour des raisons objectives. Dans des régions destinées à l’élevage, le sol est tassé et il est difficile de le labourer tant qu’il n’est pas humidifié. Sont concernées notamment les régions d’élevage ovin et bovin où la terre est transformée en parcours après la moisson", nous répond M. Guennouni.
La situation est alarmante également pour le pâturage.
"La température de ces derniers mois a empêché la croissance de toutes les plantes destinées au pâturage. Le bétail est nourri en recourant à des aliments achetés sur le marché", regrette notre expert.
Tous les espoirs reposent sur ce mois de janvier. Pour cela, la pluie doit être bien répartie pour que le sol puisse accumuler des réserves importantes en eau. Ce sont elles qui permettront au grain de céréales de germer.
D'autres facteurs entrent également en jeu: les niveaux de température et la force du vent.