Ali Nadi, l'un des derniers goumiers marocains, n'est plus
Il s'appelait Ali Nadi, surnommé le "Lion de l'Atlas" par le général Charles de Gaulle en personne, il était marocain et l'un des derniers goumiers s'étant battu pour libérer la France pendant la deuxième guerre mondiale.
Ali Nadi, s’est éteint en ce mois de décembre 2017 dans son petit village du Haut Atlas marocain, portant les débris d’une vie remarquable et héroïque. Il était l’un des derniers goumiers à participer à la libération de la France. Les goumiers étant des soldats appartenant à des goums; unités d’infanterie de l'armée d'Afrique composées de troupes autochtones marocaines. Ces unités, encadrées principalement par la France, ont existé de 1908 à 1956.
Dans un reportage publié par le site Brut en hommage à Ali Nadi, ce père de 4 enfants se souvient de cette période de sa vie où il a combattu pour la France: «C’est grâce à nous les Marocains que le drapeau français a pu reprendre ses couleurs. On a libéré ce pays» a-t-il déclaré avec fierté.
Le site Brut rappelle le rôle crucial joué par Ali Nadi et les autres goumiers marocains pendant la seconde guerre mondiale. Ali Nadi a commencé son engagement militaire à 19 ans, a combattu sous le commandement français pendant 13 ans.
Ce soldat aux multiples médailles militaires dont la Légion d’honneur revient sur les batailles auxquelles il a participé, notamment en Province lors du débarquement, en Indochine ou encore en Corse qu’il a trouvé particulièrement difficile: «La Corse, c’était très dur. Nous les Goums, on nous envoyait sur le flanc très raide de la montagne. C’était très dur de progresser. Il y avait le maquis. Il y a avait beaucoup de combats là-bas, et ils ont tué pas mal des nôtres. Et nous aussi, nous avons tué beaucoup d’Allemands, jusqu’à ce qu’on ait libéré le col,» se souvient-il.
François Hollande a rendu hommage à Ali Nadi ainsi qu’aux 200 goumiers morts en 1943, et ce lors du 70ème anniversaire de la libération de la Corse: «Rien n’aurait été possible s’il n’y avait pas eu l’apport irremplaçable des 6.600 soldats marocains. Ils étaient venus combattre loin de leurs terres, loin de leurs familles. Ils sont tombés dans nos montagnes et sur nos plaines. Et je l’assure aujourd’hui: ils ne tomberont jamais dans l’oubli.»