Migration: Les jeunes migrants sous le joug de la précarité
Selon un collectif, il y a au Maroc quelques milliers de mineurs étrangers non accompagnés (Mena). Des jeunes qui vivent au quotidien dans la précarité, souvent privés de droits fondamentaux tels que l’éducation ou l’accès aux soins de santé.
Le collectif associatif PNPM – Plateforme nationale protection migrants, tire la sonnette d’alarme afin d’attirer l’attention de l’opinion publique et des autorités sur la problématique des jeunes migrants au Maroc.
Le collectif évalue leur effectif à 10% du nombre total de migrants au Maroc. D’après une récente publication du PNPM – basée sur leur expérience du terrain, "les mineurs migrants vivent dans des conditions sociales très difficiles, caractérisées par un fort isolement. Des conditions qui font de ces jeunes une population vulnérable, exposée aux abus", explique Younous Arbaoui, coordinateur PNPM.
Bien que le Royaume dispose d’une stratégie nationale d’immigration et d’asile, et malgré les mesures implémentées par le ministère chargé des MRE et des Affaires de la migration, force est de constater que les jeunes migrants ne bénéficient pas des mêmes droits que leurs aînés.
En matière d’éducation notamment, ces jeunes subissent des discriminations les empêchant de suivre des formations professionnelles relevant du ministère de tutelle. La raison en est purement administrative, un titre de séjour étant exigé préalablement à leur inscription.
Blocage administratif
Or, afin de se procurer le précieux sésame, les migrants – jeunes et moins jeunes, doivent présenter au moins un papier d’identité provenant de leur pays d’origine. Ce qui fait forcément défaut aux plus jeunes, qui – du fait de leur âge, n’ont le plus souvent pas encore sollicité l’obtention d’un tel document d’identité dans leur propre pays.
Autre constat amer, les jeunes migrants non accompagnés se voient, d’après la PNPM, refuser la prise en charge des frais dans les hôpitaux publics, toujours en raison de défaut de titre de séjour. Une situation qui fait fi des droits humains les plus fondamentaux, déplore la même source..
Pour contourner cette problématique, les associations œuvrant en faveur des migrants interpellent régulièrement les CRDH (Commissions régionales des droits de l’Homme), afin d’obtenir la régularisation administrative des jeunes migrants.
Le collectif PNPM, qui interagit avec les responsables du ministère chargé des MRE et des Affaires de la migration, appelle notamment à la levée de toute exigence de titre de séjour pour les mineurs étrangers, ou tout au moins la mise en place d’un cadre légal qui faciliterait l’obtention de ce document. "L’intérêt de l’enfant doit primer sur tout le reste", martèle Younous Arbaoui, "n’oublions pas que le Maroc a signé la convention internationale des droits de l’Enfant, et doit se conformer à ses dispositions".