HCP: PIB par habitant en hausse, taux d'emploi en baisse
Le nombre des habitants en âge de travailler (+ 15 ans) est passé de 19,7 millions en 2001 à près de 24,2 millions en 2015. Sur la même période, le taux d'emploi a baissé de 45,1% à 42,7%.
Le produit intérieur brut par habitant s'est accru de 3,2% par an entre 2001 et 2015. Et c'est essentiellement du à l'augmentation de la productivité du travail (*), avec une contribution de 92%. Ce constat a été dévoilé par le Haut commissariat au plan, qui présentait ce mercredi 20 décembre les résultats de ses études sur les sources de la création de la richesse au Maroc et sa répartition.
D'autres facteurs expliquent cette amélioration du PIB par habitant, dont l'une, démographique, tient à la croissance du part de la population en âge de travailler sur la population totale, dont la contribution sur la production de la richesse nationale est estimée à 19,8%.
Cela au moment où le taux d'emploi (**) s'est inscrit dans une courbe baissière continue, d'où sa contribution négative de 12,2%, selon le HCP. Ce taux a d'ailleurs perdu, en moyenne annuelle, 0,2 point, passant de 45,1% en 2001 à 42,7 en 2015. Ce chiffre renseigne sur la dynamique du marché de l'emploi par rapport aux opportunités offertes par l'évolution démographique.
La contribution négative de l'effet emploi montre, selon le HCP, que les structures économiques n'ont pas permis d'exploiter le potentiel de l'effet démographique.
Les créations d'emplois qui étaient en moyenne annuelle de 186.000 emplois sur la période 2001-2008 ont baissé à seulement 70.000 entre 2008 et 2015, note l'institution présidée par Ahmed Lahlimi Alami.
La transition démographique accélérée que connaît le Maroc, s'est traduite par une augmentation de la population en âge de travailler (+ 15 ans) passant de 19,7 millions en 2001 à près de 24,2 millions en 2015. Soit une croissance annuelle moyenne supérieure à 1,7%. Une moyenne supérieure au rythme de croissance démographique, établie à 1,1% selon le HCP. "
Le secteur qui a le plus été affecté par la baisse du taux d'emploi est celui de l'agriculture, forêt et pêche (de 20,1% en 2001 à 16,7% en 2015. Le secteur de l'industrie est également concerné par cette baisse, mais à moindre mesure (de 5,8% à 4,8%). Seuls le secteur tertiaire et l'activité des BTP ont tiré leur épingle du jeu, en enregistrant respectivement des améliorations de 16,2% et 3% en 2001 à 17,3% et 4% en 2015.
NOTES
(*)production par actif occupé, qui, selon l’approche de la comptabilité de croissance, est la résultante à la fois du volume de capital mis à la disposition d’un actif (intensité capitalistique) et de la productivité globale des facteurs (PGF). Cette dernière n’est autre que l'augmentation de l'efficacité globale du processus de production et d’une utilisation plus efficace de la combinaison capital-travail, permise par une réorganisation du travail ou bien par l'introduction de plus d'innovations.
(**) Rapport de la population ayant un emploi à la population en âge de travailler, lequel prend en compte à la fois les évolutions du taux d'activité et du chômage. L’augmentation du taux d’activité ou la baisse du taux de chômage favorise l’amélioration du taux d’emploi et par conséquent l’amélioration du niveau de vie de la population du pays