Maroc-UE. 66% des retombées de l’accord de pêche bénéficient aux provinces du sud
Les premières estimations des retombées socio-économiques de l’appui sectoriel font état de 180 emplois directs créés et l’amélioration des conditions de travail d’environ 59.000 personnes. 75% des impacts socio-économiques sont au bénéfice des régions de Dakhla-Oued Eddahab et de Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra.
L’Union européenne (UE) a affiché un satisfecit appuyé vis-à-vis des retombées socio-économiques de l’accord de pêche avec le Maroc, selon un rapport élaboré par la Direction des affaires maritimes relevant de l’exécutif européen.
Dans ce rapport d’évaluation qui vient d’être soumis au Conseil de l’UE et au Parlement européen, l’UE estime que l’accord s’est révélé "efficace dans l’atteinte de son objectif de durabilité de l’exploitation", se félicitant de la coopération scientifique entre les deux parties.
Selon le rapport, l’accord de pêche a également atteint son objectif de soutien au développement durable du secteur. Cet objectif a été concrétisé grâce notamment à la contribution de l’appui sectoriel à la mise en œuvre de projets de la stratégie Halieutis et à l’embarquement de 200 marins marocains à bord des navires de pêche européens (près de 1.000 contrats d’embarquement conclus).
Le document note également que la mise en œuvre de l’appui sectoriel de l’accord de pêche se fait à un rythme "très satisfaisant", rappelant que les régions de Dakhla-Oued Eddahab et Laâyoune-Boujour-Sakia El Hamra concentrent 66% de l’enveloppe totale de l’appui sectoriel, soit environ 37 millions d’euros.
Selon le rapport, les premières estimations des retombées socio-économiques de l’appui sectoriel font déjà apparaître la création de 180 emplois directs et l’amélioration des conditions de travail d’environ 59.000 personnes travaillant dans le secteur ou ses activités connexes. 75% des impacts socio-économiques sont au bénéfice des régions de Dakhla-Oued Eddahab et de Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra.
S’agissant des retombées économiques à l’avantage de l’UE, le rapport évoque un bon retour sur investissement pour l’Union, ce qui signifie que chaque euro investi est estimé supporter la création de 2,78 euros de valeur ajoutée totale (directe et indirecte) pour le secteur européen de la pêche
A rappeler que le rapport d’évaluation de décembre 2010 estimait qu’un euro investi par l’UE ne générait que 0,65 euros de valeur ajoutée totale.
Le rapport d’évaluation européen relève en outre que l’accord est pertinent au regard des besoins de l’UE. En effet, il complète un réseau d’accords qui couvrent l’aire de distribution des petits pélagiques d’Afrique de l’ouest et les accords thoniers existants, tout en répondant aux besoins de pêche adaptés aux opérateurs.
Le document souligne également la cohérence de l’accord avec d’autres initiatives de l’UE, en ce sens qu’il assure une complémentarité entre l’appui sectoriel et le programme "Réussir le statut avancé".
Il recommande en définitive de renouveler cet accord qui arrivera à échéance en juillet 2018, en ce qu’il représente "un instrument de coopération approfondie avec le Maroc, fortement impliqué dans la coopération sud-sud" et pour permettre de "compléter ses actions en faveur de la durabilité des stocks au sein des organisations régionales de pêche".
L’actuel accord de pêche liant le Maroc et l’UE est entré en vigueur en 2014 pour une durée de 4 ans. Il donne accès aux navires européens à la zone de pêche atlantique du Royaume en échange d’une contrepartie financière de 30 millions d’euros par an, financés par l’UE et 10 millions d'euros comme contribution des armateurs.
Le premier accord de pêche entre le Maroc et l’UE date de 1988.