Le PJD a renouvelé ses instances et préservé son unité
Elotmani, secrétaire général, et Driss Azami, président du Conseil national. Le PJD a en quelque sorte coupé la poire en deux. Il a donné à Elotmani davantage de soutien et de marge pour diriger le gouvernement. Mais le courant Benkirane reste présent à travers Azami.
Ce lundi matin, Saâdeddine Elotmani est un peu plus Chef du gouvernement qu’avant. Il avait les ailes un peu lestées, ou rognées, par les courants contestataires au sein du PJD. A la primature, il essuyait surtout des tirs amis. Désormais, il est le numéro 1 de ce parti en devenant le secrétaire général. Cela s'est passé dimanche 10 décembre 2017 au cours du 8e congrès qui a duré deux jours.
Le score très serré a été obtenu par moins de 100 voix d’écart: 1.006 voix contre 912 pour Driss Azami. C'est dire.
Abdelilah Benkirane a refusé de prendre la présidence du Conseil national et de poursuivre ce jeu de chaises musicales avec Elotmani. C’est donc Driss Azami, maire de Fès et fidèle de Benkirane, qui dirigera le Conseil national.

L’élection d’Elotmani a été obtenue au prix d’un pressing de quelques ténors tels que Ramid et Rabbah qui ont pris la parole dans la salle, juste avant de passer au vote, pour expliquer qu’il fallait donner à Elotmani les moyens de diriger le gouvernement, ou alors accepter de passer dans l’opposition.
Azami a été porté à la tête du Conseil national par 136 voix sur 185 voix exprimées. Les deuxième et troisième places ont été occupées par Abdelaziz Elomari et Abdelali Hamidine.
Dans la soirée du dimanche, ont été également élus les nouveaux membres du secrétariat général: Mostafa Ramid, Aziz Rabbah, Khalid Rahmouni, Soumaya Benkhaldoun, Bassima Hakkaoui, Abdelkader Amara, Jamila Mosley, Abdessamad Idrissi, Mohamed Hamdaoui, Naoufel Nassiri, Maryama Boujemâa, Mostafa El Khalfi, Abdelaziz Elomari et Hassan Moufidi. Slimane Elomrani a été élu premier adjoint du secrétaire général et Mohamed Yatim second adjoint. Abdelhak Elaraby est directeur général du parti.
Clarification du paysage politique
Avec ce changement à la tête du PJD, le paysage politique est moins flou. Le PJD compte rester à la tête du gouvernement, les dirigeants de trois partis de premier plan ont changé (PJD, Istiqlal et RNI).
La suite ? Le RNI se positionne au centre-gauche sous l’étiquette social-démocrate, le même positionnement que … le PAM. Il va fusionner ou absorber l’UC. L’Istiqlal va rester dans l’opposition et aura besoin de deux années pour se réorganiser, remobiliser ses troupes, se remettre en ordre de bataille pour 2021.
La grande inconnue restera le PAM. Sinon, le gouvernement et ses principales composantes indiquent que leur objectif des prochaines années sera d’améliorer le quotidien des Marocains, de réformer l’éducation, d’encourager l’investissement pour créer des emplois et lutter contre le chômage, notamment celui des jeunes.