Benkirane: “Ceci est mon discours d’adieu du secrétariat général du PJD”
Le secrétaire général sortant du PJD, Abdelilah Benkirane, a ouvert le huitième congrès du parti qui se tient les samedi 9 et dimanche 10 décembre à Rabat. Il en a profité pour clôre définitivement le débat sur sa volonté d'effectuer un 3ème mandat et se ranger à l'avis de la majorité (du conseil national) hostile à sa reconduction à la tête du parti.
Alors que certains analystes avançaient que les partisans du secrétaire général sortant allaient profiter du début du congrès pour tenter d'imposer un nouveau débat sur l'article 16, celui qui est toujours le chef du PJD jusqu'à demain dimanche s'est rangé du côté de ceux qui lui ont refusé un nouveau mandat.
Dans son discours d’ouverture, il a clairement indiqué qu’il acceptait la décision du Conseil national de ne pas inscrire à l’ordre du jour du congrès la modification de l’article 16 des statuts. Cet article est relatif aux nombres de mandats des dirigeants, et interdit tout troisième mandat successif.
Benkirane a indiqué que "nos règlements présentent peut-être des insuffisances, mais ce sont nos règlements et nous acceptons leur verdict".
Il a ajouté que cette question de troisième mandat a divisé le parti, et que le plus important selon lui est de maintenir l’unité de celui-ci, tout en restant fidèle au référentiel islamique. Il a d'ailleurs longuement eu recours au lexique de ce référentiel.
"Ce congrès doit être celui de l'unité autour d'un nouveau secrétaire général et surtout pas celui de la division. Après mon limogeage qui m'a fait mal, notre parti aurait pu exploser ou aller dans l'opposition mais j'ai décidé de soutenir le Dr Elotmani que le Sa Majesté a nommé à ma place.
"Pendant toute cette crise, ma seule préoccupation était que nous arrivions en ordre de bataille au congrès et j'ai même compté les heures pour y arriver et enfin mettre un terme à cette étape difficile. il y a eu des mots contre ma personne qui m'ont blessé mais ce congrès est l'occasion de tourner la page et de pardonner aux frères qui les ont prononcés".
Ce samedi, il y a eu les interventions des congressistes ainsi que l’élection du Conseil national. A midi, 75% des 227 congressistes étaient présents pour procéder au vote des membres du parlement du parti. Selon Jamal Moatassim qui préside le congrès, 77% d'entre eux sont diplômés de l'enseignement supérieur, 21% sont des femmes et 27% des jeunes.
Ce dimanche, aura lieu l'élection du nouveau secrétaire général du parti.
Selon des sources internes, Mostafa Ramid a également indiqué aux congressistes, dans une allocution, qu'il ne souhaite pas être élu secrétaire général et que s'ils l'inscrivent sur la liste, il n'acceptera pas.
La pratique au niveau du PJD consiste à ne pas se porter candidat. Ce sont les congressistes qui choisissent la liste des candidats.
Saâdeddine Elotmani, qui est également Chef du gouvernement, sera probablement élu secrétaire général et Mostafa Ramid lui succèdera à la tête du Conseil national, sauf imprévu au cours de ce congrès.