Déficit budgétaire: Boussaid va dépasser ses objectifs
Le déficit budgétaire se situera entre 3% et 3,2% du PIB cette année 2017, si on extrapole à partir des chiffres des dix premiers mois de l'année. En 2013, il était de 7,3%. C'est une performance. L'objectif officiel était de 3,5%.
A fin octobre 2017 et en comparaison avec la même période de 2016, l’exécution de la loi de Finances, sur la base des recettes encaissées et des dépenses émises, laisse apparaître les principales évolutions ci-après:
>Au niveau des recettes
Une augmentation des recettes ordinaires de 3,5% provenant de:
1- la hausse des recettes douanières de 3,4%: droits de douane (-6,4%), TVA à l’importation (+6,6%) et taxe intérieure de consommation (TIC) sur les produits énergétiques (+2,2%);
2- l’augmentation de la TIC sur les tabacs manufacturés (+4,9%) et des autres TIC (+8,9%);
3- la hausse de 6,8% de la fiscalité domestique: IS (+13,7%), IR (+2,3%), TVA à l’intérieur (+7%), droits d’enregistrement et timbre (+0,6%) et majorations de retard (-2,9%).
Les recettes de la TVA à l’intérieur ont augmenté de 7% ou +1,1 MMDH, sachant qu’à fin octobre 2016 la TVA à l’intérieur avait enregistré une baisse de 5,4% par rapport à son niveau à fin octobre 2015 ou -914 MDH (15,9 MMDH contre 16,8 MMDH).
Les recettes de la TVA à l’intérieur tiennent compte de remboursements pour un montant de 5.677 MDH à fin octobre 2017 contre 6.731 MDH à fin octobre 2016.
4- la baisse des recettes non fiscales de 15% en raison notamment de la diminution de 66% des recettes en atténuation de dépenses de la dette (613 MDH contre 1,8 MMDH), de 3,4% des recettes de monopoles (7 MMDH contre 7,2 MMDH) et de la réalisation en 2016 d’une recette de privatisation de 570 MDH, conjuguée à la hausse de 24% des fonds de concours (1 MMDH contre 810 MDH).
Les versements par les comptes spéciaux du Trésor (CST) au profit du budget général ont été de 3,4 MMDH contre 3,8 MMDH.
>Au niveau des dépenses
- un taux d’engagement global des dépenses de 76% et un taux d’émission sur engagements de 87%, contre respectivement 70% et 87% un an auparavant;
- des dépenses ordinaires émises en hausse de 2,2%, en raison de l’augmentation de 53,5% des émissions de la compensation et de 0,7% des charges en intérêts de la dette, conjuguée à la diminution de 0,4% des dépenses de biens et services, due à la baisse de 0,5% des dépenses de personnel et de 0,2% des autres dépenses de biens et services;
-des dépenses d’investissement émises en augmentation de 2,8%, passant de 45,9 MMDH à fin octobre 2016 à 47,2 MMDH à fin octobre 2017, en raison de la hausse de 7,9% des dépenses des ministères et de la diminution de 5% des charges communes.
>Soldes du Trésor
Sur la base des recettes encaissées et des dépenses émises, l’exécution de la loi de Finances fait ressortir:
- un solde ordinaire positif de 7,6 MMDH contre un solde positif de 5,1 MMDH un an auparavant ;
- un déficit du Trésor de 28,5 MMDH, compte tenu d’un solde positif de 11,1 MMDH dégagé par les comptes spéciaux du Trésor (CST) et les services de l’Etat gérés de manière autonome (SEGMA), contre un déficit du Trésor de 32,8 MMDH à fin octobre 2016 compte tenu d’un solde positif de 8 MMDH dégagé par les CST et les SEGMA.
Les recettes des comptes spéciaux du Trésor tiennent compte de la rentrée de de 4,6 MMDH au titre des dons des pays du Conseil de Coopération du Golfe contre 3,3 MMDH à fin octobre 2016.