Violences faites aux femmes: des fontaines maculées de peinture rouge, les autorités ouvrent une enquête
A l'occasion de la journée internationale de l'élimination des violences contre les femmes, le mouvement M.A.L.I. a mené, les 24 et 25 novembre, une action en colorant en rouge des fontaines à Rabat. Objectif: sensibiliser l'opinion publique et dénoncer la situation des femmes et des filles au Maroc.
Selon le M.A.L.I. (Mouvement alternatif pour les libertés individuelles), "les violences faites aux femmes sont totalement banalisées, et les droits des femmes bafoués, et ce, en raison d'une éducation et d'une construction sociale machistes et conservatrices".
"Les violences patriarcales prennent de très nombreuses formes: elles peuvent être d’ordre verbales, physiques, sexuelles, économiques (spoliations par exemple) et sociales (discriminations, exclusions). On ne peut hiérarchiser ces violences, c’est ce que l’on appelle le continuum des violences", poursuit-il.
"Lutter contre les violences faites aux femmes c’est lutter contre TOUTES les violences: blagues sexistes ou publicités dégradantes, harcèlement sexiste dans l’espace public, cyberharcèlement, harcèlement sexuel au travail, agressions physiques et sexuelles, travail des mineures, traites et toutes exploitations, mariages forcés, mariages des mineures, viols, violences conjugales, viol conjugal, violences contre les femmes migrantes, avortement clandestin..."
"On ne peut être dans l’indignation face aux violences physiques et sexuelles, et dans l’indifférence face aux stéréotypes du genre et au sexisme ordinaire. Les stéréotypes sexistes nourrissent les inégalités et les violences masculines. Les agressions sexuelles, les meurtres de femmes, les crimes d’honneur, doivent être considérés dans le continuum des violences et de l’oppression dont les femmes sont toujours victimes, parce qu’elles sont femmes. Pour exemple, dans le monde, plus d’un pays sur deux ne condamne pas le viol conjugal. Le Maroc en fait partie. Un viol est un viol", déclare M.A.L.I.

Par ailleurs, les autorités locales de Rabat ont pour le part dénoncé cette action.
"Plusieurs individus membres d’un mouvement illégal, qui prétend défendre les intérêts d’une certaine catégorie de la société, ont endommagé des équipements publics d’embellissement, en polluant les eaux de quatre fontaines sur l’avenue Mohammed V et la place Bab El Had et en les maculant de peinture rouge", indique un communiqué de la wilaya de la région de Rabat-Salé-Kénitra.
"Les autorités locales, tout en réitérant leur attachement constant aux dispositions légales garantissant l’exercice des libertés dont la liberté d’expression, dénoncent ces agissements qui sont contraires aux formes d’expression reconnues".
Ainsi, "les services de la wilaya de la région sont intervenus pour réparer les fontaines endommagées et les remettre en l’état", ajoute la même source précisant qu’"une enquête a été ouverte par les autorités compétentes sous la supervision du parquet".
