PJD. Scénario le plus probable: Elotmani secrétaire général, Ramid président du CN
Le vote du Conseil national du PJD suscite une interrogation générale concernant le nom du successeur de Benkirane. Après 9 ans de mandat, un changement de leadership interviendra le 10 décembre prochain.
Contrairement aux autres partis politiques, il n'y a pas de candidatures. Celui qui veut diriger doit être proposé, coopté par ses camarades, à l’instar de tous les mouvements fréristes. Ce sont les congressistes qui sont habilités à proposer le nom de leur favori dans un vote à bulletin secret.
Après avoir procédé au 1er dépouillement des bulletins, apparaissent les noms proposés. Les concernés, ceux dont les noms sont apparus, doivent exprimer alors leur désir d'accepter ou de refuser de poursuivre l’aventure électorale et de se soumettre à un second tour de vote.
Près de 2.000 votants procèderont alors à un nouveau scrutin pour départager les noms de ceux qui ont recueillis leurs faveurs lors du 1er tour.
Pour le moment, le scénario le plus probable est l'élection de Saâdeddine Elotmani comme secrétaire général. Un fauteuil qu'il connaît bien et une responsabilité qu'il a déjà assumée. Tous les indices montrent qu'à ce stade, Elotmani est l'unique favori.
Les autres noms qui reviennent sont Mostafa Ramid et Abdelaziz Rebbah. Aucun d’entre eux n’a répondu à nos sollicitations pour confirmer ou pas son désir de succéder à Abdelilah Benkirane. En général, même lorsqu'ils souhaitent le poste, les dirigeants du PJD se refusent à le confirmer publiquement. Cela ne se fait pas. La culture du parti est ainsi.
Si beaucoup avancent que Saâdeddine Elotmani est bien parti pour devenir le numéro 1 du parti, il faut rappeler que depuis sa création, le PJD a souvent porté à sa tête des candidats inattendus.
Ce fut notamment le cas en 2008, lorsque l’actuel président du Conseil national avait été remplacé à la surprise générale à la tête du parti, par son challenger Benkirane qui accomplira deux mandats de leader.
Pour cette élection de 2017, les congressistes qui soutiendront Elotmani reprendront à leur compte les paroles de Benkirane qui affirmait qu’il n’était pas possible de diriger l’exécutif sans être en même temps à la tête du parti pour pouvoir travailler sereinement et avoir les mains libres. "Je peux être chef du parti sans être chef du gouvernement, mais je ne peux pas être chef du gouvernement sans être chef du parti," a-t-il déclaré en 2016.
Mostafa Ramid semble être favori pour devenir président du Conseil National, le parlement du parti et donc numéro deux de fait et de droit. Il a d'ailleurs lui-même démenti dans un post facebook et à notre confrère Mowatine toute velléité de prendre la tête du PJD.
Pour ce qui concerne Abdelaziz Rebbah qui s’était lui aussi positionné contre l’amendement de l’article 16 des statuts du parti pour permettre au secrétaire sortant de rempiler, personne n’est en mesure de confirmer s’il acceptera ou pas de participer au suffrage du 10 décembre prochain. Mais il n'a pas l'assise des Ramid ou Elotmani.
Après la décision du Conseil national d’éliminer une 3ème candidature de Benkirane, l’implosion du parti n’aura pas lieu mais son affaiblissement actuel n’est finalement que le fruit d’une bataille d’égos entre un candidat non déclaré et les légalistes respectueux des statuts du 1er parti du Maroc.
Les départs de Benkirane et de Chabat annoncent la fin de la séquence populiste à la tête de deux grands partis. Le RNI a également changé de dirigeant et vit une refondation complète. Il va absorber l'UC. Les deux inconnues restent l'indéchiffrable Ilyas El Omari et le mystère insondable qui entoure l'avenir du MP.
Pour être fixé sur les intentions des autres chefs de petits partis, il faudra attendre la fin du mandat du socialiste Driss Lachgar (2021) pour l'avenir de l'USFP et le congrès du PPS (2018) pour connaître le sort de Nabil Benabdellah.
En principe, si Elotmani devient le chef du PJD, le gouvernement aura plus de marge et plus de sérénité pour mener son action. L'idée générale au sein des partis qui le dirigent, est celle d'un exécutif avec plus de travail concret pour améliorer le quotidien des Marocains et moins d'incantations et de haine sociale semée tous les jours.