Piratage des données des clients Uber: aucune indication sur la situation au Maroc
Après le piratage massif qui a touché 57 millions de clients de Uber dans le monde, la représentation du géant américain au Maroc explique qu’elle "ne dispose d'aucune information" dans ce sens, notamment pour ce qui concerne l'éventuel piratage de données marocaines. Les utilisateurs restent dans le flou et ne savent pas s’ils ont été victimes ou pas.
"Nous sommes en train de prévenir les différentes autorités concernées et nous devrions discuter avec elles. Nous ne pourrons pas donner plus de détails tant que ce processus ne sera pas achevé". C’est avec cette réponse que Meriem Belkziz, Directrice Générale d'Uber Maroc a répondu à nos multiples questions à propos du piratage subi par la firme américaine.
Une réponse tirée du communiqué officiel adressé par les dirigeants d'Uber aux États-Unis, et qui ne calment nullement les inquiétudes des utilisateurs marocains. Pour rappel, plus de 57 millions de clients du service de transport alternatif Uber ont été victimes de ce piratage massif.
Uber refuse, donc, de dire si des comptes marocains ont été touchés par ce piratage massif et si c’est le cas à quelle ampleur. La directrice Générale d'Uber Maroc affirme qu’elle n’a aucune information sur le Maroc.
Autrement dit, elle n’a aucun moyen de rassurer ses propres clients, 140.000 selon elle, dont quelques données personnelles peuvent être dans la nature. Cela dit, et contrairement à ce qui a été fait à travers le monde, Uber Maroc n’a pas pris la peine de diffuser des explications sur son site internet ni sur son blog.
Par ailleurs, Meriem Belkziz explique qu'Uber est en train de prévenir les différentes autorités concernées. De notre côté, nous avons essayé d’avoir des réponses de la part du CNDP, mais on nous a demandé d’attendre quelques jours avant d’avoir des réponses.
Le traitement réservé à cette affaire ailleurs dans le monde est différent. Pour savoir à quel point l’affaire est sérieuse, il suffit de dire que plusieurs autorités de protection des données personnelles à travers le monde ont décidé d’ouvrir des enquêtes.
"L’annonce de Uber soulève d'énormes inquiétudes concernant ses politiques de protection des données et son éthique", souligne dans un communiqué l’autorité britannique cité par Bloomberg. Même son de cloche en Australie et aux Philippines selon plusieurs médias étrangers.
Selon Le Monde, le G29, qui rassemble les gendarmes européens de la vie privée, a prévu de se réunir la semaine prochaine à ce sujet, afin d’envisager une coordination des enquêtes. Au Etats-Unis, la Federal Trade Commission, autorité qui est en charge de la protection des consommateurs, a pris les choses en main.
En tout cas, cette affaire a fait beaucoup parler d'elle depuis son annonce et plusieurs pays ont exprimé une grande inquiétude. En France, le secrétaire d’Etat au numérique, Mounir Mahjoubi, s'en préoccupe. Il a, lui-même, adressé une lettre à Uber ce jeudi 23 novembre. Le franco-marocain réclamait à l’entreprise de VTC si des utilisateurs français sont concernés, et si oui, combien ?
Message à @Uber et @UberFR : Pouvez vous à ce jour confirmer si oui ou non des Français sont concernés par votre fuite massive de données ? pic.twitter.com/dauSvkwZew
— Mounir Mahjoubi (@mounir) 24 novembre 2017
Cette situation peut mettre en difficulté Uber Maroc qui ne fait pas l’unanimité pour des raisons légales et qui devrait croiser le fer avec de nouveaux concurrents prêts à tout pour plaire.