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Afrique

Algérie: une campagne électorale sur fond d'incertitude

La campagne électorale pour le double scrutin local du 23 novembre en Algérie, qui prendra fin le 19 de ce mois-ci, s’annonce des plus difficiles car elle intervient dans un contexte de crise économique, sociale et politique qui s’installe dans la durée.

Algérie: une campagne électorale sur fond d'incertitude
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Le 10 novembre 2017 à 12h19 | Modifié 10 novembre 2017 à 12h19

Tradition oblige, le code électoral, la transparence des élections et le rôle de l’administration sont placés au cœur des débats bien avant le lancement officiel de la campagne. Encore une fois, les partis de l’opposition ont décidé de prendre part à cette grand-messe électorale pour l'élection des membres des 1.541 Assemblées populaires communales (APC) et des 48 Assemblées populaires de wilaya (APW), tout en se disant convaincus que "les résultats seront truqués comme avant".

Pour le FFS, la fraude électorale a déjà commencé avec "l’instrumentalisation de la justice". Le parti de Ali Benflis, "Talaiou El Hourriyat" parle de "verrouillage anticipé". Pour le Parti des travailleurs de Louisa Hanoune, "la fraude est déjà là", alors que le RCD dénonce "une velléité de fraude". Des accusations rejetées aussi bien par l’administration que par les partis du pouvoir, le FLN et le RND.

De son côté, le 1er Secrétaire national du Front des forces socialistes, Hadj Djilani Mohamed, a appelé à une mobilisation permanente et à l’engagement militant pour provoquer le changement pacifique et démocratique dans le pays.

Une crise générale

Tous ces partis s’accordent à dire qu’ils y’a une crise générale qui influe sur l’ensemble des secteurs et qui affecte durement le moral des citoyens. "La seule réponse pour y faire face est la mobilisation permanente pour provoquer un changement pacifique et démocratique dans le pays", expliquent-ils.

A l’évidence, pour ces formations politiques, il ne saurait y avoir à ce propos de distinguo entre les ambitions locales et le projet national, dont la matrice, y voient-ils, demeure "l’instauration de l’Etat de droit, seul capable, d’assurer le développement pérenne et la gestion efficaces des collectivités locales".

L’autre débat houleux concerne la révision de la loi relative au régime électoral. Au moment où le président de la Haute instance de surveillance des élections (HIISE), Abdelwahab Derbal, a lui même proposé sa révision pour "améliorer le processus électoral", rejoignant ainsi la revendication de plusieurs partis politiques, le premier ministre Ahmed Ouyahia y oppose un refus catégorique. "Nous sommes contre la démocratie de 89 qui n'a pas donné des résultats", rétorque le premier ministre. En plus clair, Ouyahia oppose un niet à tout élargissement des prérogatives de la Haute instance indépendante pour la surveillance des élections concernant l'opération électorale.

Deux articles controversés

A l’origine de cette revendication, deux articles très controversés. Il s’agit des articles 73 et 66 qui stipulent que "les listes qui n’ont pas obtenu, au moins, 7% des suffrages exprimés ne sont pas admises à la répartition des sièges", un taux jugé très élevé par certains partis et surtout très favorable pour les deux formations de la majorité parlementaire, le FLN et le RND, qui ont une grande chance de rafler la grande partie des sièges au niveau des Assemblées locales.

Outre les deux articles controversés, les partisans de la révision des codes communaux et de wilaya dénoncent la mise des élus locaux sous la tutelle du wali et font observer que dans certains cas, c’est toute l’Assemblée populaire communale qui est soumise à un seul patron, à savoir le maire. Mais ce qui dérange le plus les élus locaux, c’est cette main mise du wali sur le travail de l’Assemblée locale. En effet, la voie a été légalement ouverte par l’article 57 du code communal qui stipule que les procès verbaux signés par l’Assemblée "ne sont exécutoires qu’après avoir été approuvés par le wali".

Ces élections interviennent donc dans un contexte de crise qui ressuscite le débat sur le mode de gestion locale. La question de donner plus d’autonomie aux élus locaux, à leur tête le Président de l’assemblée population communale est remise au goût du jour. D’aucuns appellent, en effet, à la révision du code de wilaya ainsi que du code communal qui accorderaient plus d’autonomie de décision sur le plan économique.

Les partis de l’opposition appellent à la refonte totale de ces deux textes de loi qui, expliquent-ils, constituent un frein pour le développement local en ce sens que les élus locaux dépendent entièrement de l’administration centrale et ne peuvent aucunement prendre l’initiative pour créer de la croissance et du développement au niveau de leurs communes.

C’est dire donc qu’en raison de cette crise qui se ressent de plus en plus sur le quotidien des Algériens, il sera en effet difficile pour les candidats de miroiter monts et merveilles aux populations, comme ils ont l’habitude de le faire. Ils doivent donc faire preuve d’ingéniosité pour contourner les contraintes financières et matérielles.

Certains d’entre eux ont déjà fait le choix de s’abstenir de promettre des projets ou de s’engager sur des actions financièrement coûteuses dans le but de séduire l’électorat. C’est le cas du Parti des travailleurs de Louisa Hanoune, qui n’avance aucune promesse durant sa campagne électorale, qu’il compte axer sur la défense des "acquis réalisés". Pour le PT, la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics est l’un des axes majeurs de sa campagne.

C’est dire aussi que pour les partis de l’opposition, il y a motif à l’estocade politique également, d’autant que les autorités politiques et l’administration ont manqué de garantir la plus essentielle des conditions pour des élections transparentes : l’assainissement du fichier électoral. Ce n’est toujours pas fait, et c’est de l’aveu même du président de la Haute instance indépendante de surveillance des élections.

En effet, plusieurs analystes de la chose politique estiment que les partis de l’opposition ainsi que les candidats indépendants sont en droit de craindre, une fois encore, la perversion des scores électoraux à travers la fraude, comme souvent par le passé.  

(MAP)

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Le 10 novembre 2017 à 12h19

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