Catalogne: les dirigeants indépendantistes devant les juges à Madrid
Des dirigeants sécessionnistes catalans se sont présentés, jeudi 2 novembre à Madrid, au tribunal pour être entendus par des juges qui pourraient les inculper pour rébellion, sans leur chef Carles Puigdemont, qui dénonce depuis Bruxelles un "procès politique".
Des 14 membres du gouvernement destitué cités à comparaître, cinq manquaient à l'appel, dont Carles Puigdemont, en Belgique depuis lundi.
Le numéro deux du gouvernement, Oriol Junqueras, est arrivé le premier à l'Audience nationale, suivi de huit autres "ministres", accompagnés de loin par quelques dizaines de manifestants qui criaient "vous n'êtes pas seuls" en catalan.
Peu après, la présidente du Parlement, Carme Forcadell, et cinq membres sont arrivés à la Cour suprême voisine, compétente dans leur cas en raison de leur privilège parlementaire.
Le procureur général de l'Etat demande que tous soient inculpés pour détournement de fonds publics, sédition et rébellion, les deux derniers délits étant passibles de peines maximales de 15 et 30 ans de prison.
Il les accuse d'avoir encouragé "un mouvement d'insurrection active" au sein de la population catalane pour parvenir à la sécession, en ignorant toutes les décisions de la justice y compris l'interdiction d'organiser un référendum d'autodétermination le 1er octobre dernier.
Les autorités catalanes affirment que lors de de scrutin, le "oui" à la sécession a remporté 90,18% des voix avec une participation de 43% malgré l'intervention parfois violente de la police pour l'empêcher.
Elles se sont appuyées sur ces résultats invérifiables pour proclamer le 27 octobre l'indépendance de la "République catalane". Quelques heures plus tard, le gouvernement espagnol prenait le contrôle de la région, destituant son gouvernement et dissolvant son Parlement pour convoquer de nouvelles élections le 21 décembre.
S'ils suivent les réquisitions du parquet, les juges peuvent non seulement les inculper mais ordonner leur détention préventive.
(Avec AFP)