Sénégal: le secteur privé s'oppose à l'adhésion du Maroc à la Cedeao
Membres d’organisations patronales et professionnelles, syndicats, universitaires et actionnaires de la société civile craignent "la grande compétitivité de l’économie marocaine, qui, selon leurs déclarations, n’épargne aucun secteur".
Selon plusieurs journaux sénégalais, le secteur privé s'oppose à l'adhésion du Maroc à la Cedeao. L'information circule depuis samedi 28 octobre.
Il s'agit des membres d’organisations patronales et professionnelles, de syndicats des travailleurs, d’associations de la société civile et d’universitaires, regroupés au sein du Comité d’initiative pour le suivi de l’intégration (Cisi).
Selon le président du Cisi, Zator Kane Diallo, cité par "dakar presse info", les économies moribondes de la zone ne peuvent pas concurrencer celle du Maroc. "L’économie marocaine est très compétitive. Elle n’épargne aucun secteur. On s’oppose à des relations déséquilibrées qui étouffent notre économie, détruisent des pans entiers de notre secteur productif et exportent nos emplois vers le Maroc", dit-il.
Mor Tall Kane, directeur exécutif de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes), cité par "thieydakar", annonce pour sa part que si le Maroc intègre la Cedeao, le tissu industriel du Sénégal et des autres pays de l’Uemoa (Union économique et monétaire ouest africaine) ne va pas s’en remettre.
"Le Maroc avec la compétitivité de ses marchandises qui n’est pas comparable à celle des pays de la Cedeao viendra inonder le marché sénégalais avec ses produits et aucun secteur ne sera épargné. Nous n’avons pas les moyens de faire face aux entreprises marocaines. Tous nos secteurs seront perdants car nous n’avons pas d’offre à faire pour le marché marocain", explique-t-il.
Souhaibou Gueye également membre du Cisi, cité par le même journal, dit que "le Maroc est plus compétitif que nos économies et va inonder le marché de ses produits si on surprime les taxe douanière avec son adhésion".
Rappelons que l'adhésion du Maroc à la Cedeao sera confirmée à Lomé en décembre prochain.