La Samir: les acheteurs ne se bousculent plus au portillon
Un autre délai de deux semaines supplémentaires. Plusieurs candidats se sont retirés. Des sources évoquent un "pourrissement du dossier" et n'écartent pas la possibilité d'une cession à faible prix.
Deux semaines, encore. Le juge-commissaire vient de reporter au 13 novembre l'examen des offres de rachat de la Samir. La société en liquidation n'a toujours pas d'acquéreur. Ce lundi 30 octobre, aucun candidat ne s'est présenté au tribunal de commerce, pour y déposer la garantie tant espérée. C'est à se demander s'il existe encore des candidats.
Pour décrire l'état où en est le dossier, des sources utilisent le terme "pourrissement". C'est assez révélateur. Les choses n'ont pas été faites en temps opportun, ni comme il se doit. L'outil de production dépérit. Sa valeur baisse en conséquence. Et au vrai, on ne se bouscule plus au portillon pour la raffinerie.
"Le prix de la cession pourrait être, au final, beaucoup moins généreux que les offres formulées au début du processus", nous confie ce candidat. Il évoque le chiffre de 15 MMDH, qui équivaut à la valeur du bien tel qu'il a été arrêté par des expertises privées. C'est, à un milliard près, le montant proposé par un candidat espagnol (16 MMDH), qui s'est appuyé sur une autre expertise privée, effectuée par une grande banque d'affaires étrangère.
Or, selon le tribunal, la valeur des actifs de la Samir correspond à 21,6 MMDH. Et le souhait du juge-commissaire est de la vendre à un montant au moins équivalent à 25 MMDH. Le syndic évoque une évaluation d'un cabinet international de 25 MMDH. Surfant sur la vague des premières offres, dont certaines avoisinaient les 30 MMDH, le juge et le syndic avaient décidé de mettre la barre haut. Mais la donne a changé et depuis le début du processus, beaucoup de candidats se sont retirés. Cette situation va-t-elle conduire le juge-commissaire et le syndic à revoir leurs ambitions à la baisse?
Le piège de l'article 623
La décision reviendra au juge-commissaire. Mais brader la Samir nuirait aux intérêts des créanciers, même si les emplois sont maintenus. Or, l'article 623 du code de commerce encadre la cession globale et conditionne le choix du cessionnaire. L'offre retenue doit permettre "dans les meilleures conditions d'assurer durablement l'emploi et le paiement des créanciers."
Il faudra donc préserver les intérêts des 825 salariés de la Samir, tout en payant une partie des 35 MMDH de créances jusque là validées. Ce sont deux conditions impératives, qui relèvent de l'ordre public économique. Entre l'une ou l'autre, l'article 623 n'offre pas d'options.