Sidattes 2017: les dattes marocaines ont du potentiel
La ville d’Arfoud abrite la 8e édition du Sidattes, qui a débuté ce jeudi 26 octobre autour du thème "La valorisation des dattes: une plus-value pour l’économie des oasis". Occupant une place importante au cœur du Plan Maroc vert, la filière vise une production de 160.000 tonnes à l’horizon 2020.
Le salon professionnel, qui se tient du 26 au 29 octobre, a été inauguré par Aziz Akhannouch - ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, accompagné de plusieurs personnalités dont le ministre qatari des Communes et de l’environnement, Mohamed Ben Abdallah Rmihi.
Réunissant 250 exposants en provenance d’une quinzaine de pays, le Sidattes prend de plus en plus d’ampleur au fil des éditions, faisant écho au développement de la culture et de la valorisation des dattes au Maroc, qui est le 11e producteur mondial avec une production annuelle aux alentours de 111.000 tonnes.
Le contrat-programme 2010-2020 de la filière, qui cible à terme une production annuelle de 160.000 tonnes, semble avancer sur les bons rails. "Nous avons pris l’engagement devant le Roi de planter 3 millions de pieds de palmier-dattier d’ici 2020. Aujourd’hui nous en sommes déjà à 1,8 millions", précise le ministre de tutelle. A noter que cet objectif porte sur l’extension des surfaces cultivées, le Maroc comptant aujourd’hui, au total, 6,6 millions de palmiers-dattiers adultes.
La R&D à la rescousse de la filière
Fait intéressant, le contrat-programme s’est heurté, au tout début de sa mise en œuvre, à la rareté des jeunes pieds de palmier-dattiers, le Maroc en produisait alors à peine 20.000 unités par an. Grâce à des travaux de recherche portant sur la culture in vitro des plants - menés notamment par l’Inra, le royaume produit désormais dans les 500.000 pieds de palmiers-dattiers chaque année.
"Cette technologie est aujourd’hui maîtrisée. Les laboratoires nationaux produisent assez de plants pour satisfaire la demande locale, mais nous les exportons aussi vers plusieurs pays", souligne Aziz Akhannouch.
La R&D a également permis de développer les dattes "Nejda", une nouvelle variété proche du "Majhoul". Elle se caractérise par une faculté unique: sa forte résistante aux maladies qui d’habitude déciment les palmiers.
Un potentiel économique certain
Les dattes représentent évidemment l’essentiel des exportations de la filière, qui diversifie les marchés-cible pour maximiser son potentiel. Si le gros du volume est orienté vers l’Europe, de nouvelles perspectives se dessinent pour la datte marocaine. A peine deux semaines avant l’ouverture du Sidattes, une délégation australienne a visité la région de Draâ-Tafilalet. Leur intérêt s’est porté en particulier sur la variété "Majhoul", dont ils prisent les qualités, et ont émis le souhait d’importer ces dattes marocaines. C’est d’autant plus un bon signe que les Australiens sont réputés très frileux en matière de protectionnisme environnemental.
Sur le plan national, la filière phœnicole représente l’ossature des économies oasiennes - principalement localisées dans les régions de Drâa-Tafilalet, l’Oriental, Souss-Massa et Guelmim-Oued Noun. Ces cultures garantissent de 40% à 60% du revenu agricole pour plus de 2 millions de Marocains, et fournit chaque année 3 millions de journées de travail aux populations locales.
La palmeraie fournit également la matière première nécessaire à un grand nombre de métiers, essentiellement centrée autour de la construction traditionnelle et de l’artisanat. C’est aussi une source d’énergie vitale dans une région pauvre en ressources combustibles.
Ecosystème en pleine émergence
Sur un plan plus global, c’est tout un écosystème qui est en cours d’émergence autour du palmier-dattier, avec notamment la création d’unités de valorisation, de stockage frigorifique, parallèlement à l’agrégation des cultivateurs en groupements d’intérêt économique (GIE). "Les unités de valorisation et de conditionnement contribuent significativement à accroître la valeur ajoutée de la production phœnicole. A titre d’exemple, le prix du kilo de dattes – en tant qu’intrant, oscille autour de 2 DH. Après conditionnement, sa valeur grimpe à 13 voire 15 DH", explique le ministre de tutelle. Un conditionnement qui est souvent accompagné de diversification et valorisation du produit, sous forme de confiture, d’huile, de crème,…
La rareté des ressources hydriques est une problématique qui est prise en compte dans le développement de la filière. S’exprimant sur ce point, Aziz Akhannouch a révélé que plusieurs pistes de solutions étaient actuellement à l’étude: construction de barrages, de bassins de rétention d’eau, voire de stations de dessalement des sources salées comme cela est envisagé à Zagora. L’objectif étant d’optimiser l’utilisation de toutes les ressources hydriques nécessaires.
>Chiffres-clés:
- Le Maroc est le 11e producteur mondial de dattes.
- 51.000 ha de surface cultivée.
- 111.000 tonnes de production annuelle (moyenne).
- 6,6 millions de palmiers de pieds de palmiers dattiers plantés.
- 3,25 kg en consommation annuelle par habitant.
- 12.000 emplois directs.