Nigeria: un triple attentat-suicide à Maiduguri fait 14 morts
Quatorze personnes ont péri et dix-huit autres ont été blessées lors d'un triple attentat-suicide perpétré par trois femmes kamikazes à Maiduguri, capitale de l'Etat du Borno (Nigeria), ont annoncé, lundi 23 octobre, les autorités locales.
"Pour l'instant, nous avons recensé 14 personnes tuées et 18 blessés dans le triple attentat-suicide qui a eu lieu hier soir (dimanche 22 octobre)", a indiqué Ahmed Satomi, de l'Agence de gestion des urgences de l'Etat du Borno (SEMA). "Le quartier de Muna Garage (un quartier où se sont déroulés les attentats) est vulnérable. Cette année, nous avons compté 13 attaques-suicides", d'où la nécessité de renforcer la sécurité dans cette zone.
La gare routière de Muna Garage, qui se situe à la périphérie de la capitale du Borno, est l'un des endroits les plus fréquentés de la ville et le camp de déplacés, où se sont réfugiés des milliers de personnes pour fuir les violences, n'a ni portail ni protection.
Dimanche soir, "une première femme a déclenché sa ceinture explosive à 20h45 GMT devant un petit restaurant de rue", a souligné une source militaire, notant que "quelques minutes plus tard, une autre femme a explosé dans le même quartier, juste devant l'entrée du camp de déplacés".
La troisième femme, dont la ceinture n'a pas totalement fonctionné, n'a pas fait de victimes, a relevé la même source, faisant savoir que dimanche, une alerte avait été lancée à Maiduguri, après que de "nombreux membres du groupe Boko Haram eurent été aperçus rôdant autour de la ville".
Malgré des attentats sporadiques, Maiduguri, ville où a été fondé le groupe terroriste nigérian, a retrouvé une paix relative tandis que la ville de Konduga, à 20 kilomètres de la capitale, connaît plusieurs attaques depuis quelques mois.
L'Etat du Borno, épicentre des confrontations entre l'armée et Boko Haram, reste en grande partie inaccessible, bien que le groupe terroriste ne contrôle plus de grandes parties du territoire comme ce fut le cas jusqu'en 2015.
Près d'un million de personnes ont trouvé refuge et beaucoup vivent dans des camps de déplacés dispersés à Maiduguri (nord-est du pays) où la situation humanitaire et sécuritaire demeure extrêmement précaire.
(MAP)