La fusion des trois partis de la FGD, parmi les thèmes du congrès du CNI
C’est ce vendredi 20 octobre que le parti du Congrès national Ittihadi (CNI) tiendra son 9ème congrès national. Cette composante de la Fédération de la gauche démocratique - aux côtés du PSU et du PADS, envisage l’avenir dans le cadre d’une fusion de ces formations, "condition sine qua non" pour une meilleure représentativité politique.
"Les premières discussions concernant la fusion des partis de la FGD remontent à un an environ. Nous comptons entamer les démarches en ce sens début 2018, juste après le congrès national du PSU. Ainsi, un nouveau parti de gauche unifiée verra le jour d’ici fin 2019 au plus tard", nous apprend Abdeslam Laâziz, SG du Congrès national ittihadi.
Quand on lui demande s’il est confiant dans les chances de réussite de cette fusion, le SG du CNI se montre pragmatique: "C’est une question de ‘survie’. Il existe certes une résistance au changement politique et démocratique, dans la société et aussi au sein de nos partis. Mais seule la fusion permettra aux composantes de la FGD d’atteindre une masse critique, à même de renforcer le poids de la Gauche dans le paysage politique".
Principal axe directeur du congrès national du parti, vendredi prochain: rompre avec l’image d’une Gauche ancrée dans la contestation, pour devenir une réelle force de proposition. "Nous ne sommes pas très idéologues au sein du CNI, la dimension politique doit toujours primer sur l’idéologie. Car la politique doit se traduire en actions concrètes, au-delà des simples prises de position", estime Abdeslam Laâziz.
Les grands thèmes du 9ème congrès national du CNI
>Sur le plan politique et social
- La fusion des partis de gauche, car "il sera très difficile de réitérer l’expérience des élections sous le format actuel de la FGD. C’est inefficace, nous connaissons trop de dissensions internes et perdons beaucoup de temps et d’énergie dans les négociations.
- Œuvrer à mobiliser un front social national, composé des syndicats et de la société civile: "Les acquis sociaux ont connu une réelle régression sous l’ère du PJD. Notamment parce que les mouvements de revendication sociale sont en général soit élitistes/corporatistes, soit régionaux".
- Renforcer l’intégration régionale, notamment au sein du Grand Maghreb: "Si le pouvoir en Algérie est la principale source de blocage, il existe dans ce pays des partis de gauche qui soutiennent la souveraineté marocaine sur le Sahara".
- Position vis-à-vis d’Al Adl wa Al Ihsane: "Les mouvances religieuses, dans toutes les sociétés, sont dangereuses. Car elles ne sont pas fondées sur des principes démocratiques". Le SG du CNI tient toutefois à préciser que son parti n’a aucun problème avec la religion, mais plutôt avec l’idéologie religieuse. ".
>Sur le plan économique
- Combattre l’économie de rente et initier une réforme fiscale: "Il faut lourdement taxer la rente car il n’en découle aucun effort d’investissement, ni création ni distribution de richesses. Cela nécessite cependant une réelle volonté politique".
- Instaurer un impôt sur la fortune, mais "uniquement sur le capital qui dort".
- Résorber le chômage par l’investissement: "L’Etat investit de moins en moins dans des secteurs productifs, or c’est l’Etat qui a, dans les années 70, lancé l’industrie du textile".
- Instaurer plus de souplesse pour l’investissement privé, "surtout pour les PME qui sont le véritable moteur des économies".
- Renforcer l’économie solidaire: le SG du CNI souhaite que l’Etat autorise la création de coopératives spécialisées dans le de micro-crédit, à l’instar de ce qui se fait en France et aux Etats-Unis. "C’est un axe très porteur qui permettrait de créer de l’emploi, d’accorder des crédits d’investissement à taux réduit pour des personnes qui n’ont pas accès à de grosses structures financières".
- Combattre les monopoles économiques: "Il est anormal que des pans entiers de notre économie soient dominés par quelques sociétés. Sous d’autres cieux, l’Etat intervient avant même qu’une société ou un groupement de sociétés ne se trouve en situation de monopole".
De même pour les mécanismes d’entente sur les prix, qui est une pratique anti-concurrentielle par excellence. "Comment se fait-il que le gouvernement ferme encore les yeux sur ce qui se passe dans la distribution d’hydrocarbures? Nous n’avons aucun problème avec la libéralisation, à condition toutefois de mettre en place des garde-fous. La régulation est essentielle et nécessaire pour garantir l’équité".
Sur le plan socio-économique
- Œuvrer pour une meilleure égalité des chances, notamment en matière d’accès aux soins de santé et d’enseignement: "La qualité médiocre de l’enseignement public conduit au sacrifice de générations entières. Les parents se saignent à blanc pour inscrire leurs enfants dans des établissements privés, dont beaucoup pratiquent des prix exorbitants. Certes c’est un marché libre, mais notre position est que l’éducation – comme la santé, ne doivent pas être de simples 'marchandises' soumises à la loi de l’offre et de la demande. On surveille bien les fourchettes de prix dans certains secteurs tels que l’hôtellerie. Dans les années 80, l’Etat surveillait même les prix des détergents". Abdeslam Laâziz affirme cependant être contre un contrôle absolu des prix, mais estime toutefois que certains secteurs nécessitent une approche particulière.
- Instaurer une meilleure gouvernance: "Le modèle économique marocain n’est pas vraiment le cœur du problème, c’est plutôt la gouvernance. J’en veux pour preuve le succès du même modèle – issu de l’Ecole de Chicago, dans d’autres pays".