A Raqa, on célèbre la victoire au “rond-point de l'enfer”
Avec l'unique main qui lui reste, Hazem Kobane dresse le drapeau jaune des Forces démocratiques syriennes sur le rond-point de Raqa où le groupe Da'ech procédait aux décapitations et autres atrocités quand il était maître de cette ville syrienne.
"Ca, c'est le moment qu'on attendait", affirme ce combattant de 23 ans en accrochant minutieusement le drapeau triangulaire avec sa main droite sur la clôture de métal du rond-point.
C'est sur cette clôture que le groupe terroriste accrochait les têtes coupées de ses suppliciés et c'est au centre du rond-point qu'il brûlait les livres et les paquets de cigarettes.
Pendant les trois ans que les jihadistes ont contrôlé la ville de Raqa, transformée en un laboratoire de l'horreur, le rond-point Al-Naïm avait été rebaptisé par les habitants le "rond-point de l'enfer".
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), des combattants antijihadistes kurdes et arabes soutenus par les Etats-Unis, ont annoncé mardi 17 octobre avoir repris la totalité de ce qui fut la "capitale" de Da'ech en Syrie, après s'être emparées du principal hôpital, du stade municipal et d'Al-Naïm.
Arborant leurs drapeaux jaunes, les combattants des FDS ont envahi le rond-point emblématique pour marquer la victoire après de longs mois de combats.
Hazem Kobane a perdu sa main gauche pendant les combats contre Da'ech en 2015 dans la localité de Kobané, au nord de Raqa, et malgré son jeune âge, ses cheveux étaient devenus gris au fil des combats.
Mardi, il affichait un sourire rayonnant aux côtés de dizaines de camarades de combat, prenant des photos et dansant la dabké, la danse traditionnelle au Proche-Orient.
(Avec AFP)