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Al Akhdar Bank entame son aventure avec confiance, malgré un marché légèrement flou

Al Akhdar bank, fruit d’une collaboration entre le groupe Crédit Agricole du Maroc et la Société islamique pour le développement du secteur privé, aura fort à faire à ses débuts, à l’instar de ses consœurs, notamment pour vulgariser cette nouvelle industrie financière. La banque est confiante, malgré cela. L’État devrait accompagner ces lancements en émettant des sukuks rapidement.

Al Akhdar Bank entame son aventure avec confiance, malgré un marché légèrement flou
El Mehdi Berrada
Le 17 octobre 2017 à 15h27 | Modifié 11 avril 2021 à 2h43

Al Akhdar Bank ouvrira ses premières agences au mois de novembre avec l’ambition de pouvoir répondre aux exigences d’un marché encore méconnu. Les dirigeants de cette filiale du groupe Crédit Agricole du Maroc savent que les débuts seront lents, mais restent confiants.

"Notre objectif est d’arriver à proposer une offre complète, tout en sachant que ceci va prendre beaucoup de temps pour se mettre en place", explique Fouad El Harraze, Directeur Général d’Al Akhdar Bank. 

Les nouvelles banques participatives, y compris Al Akhdar Bank, ont un travail de vulgarisation à faire avant de penser aux parts de marché et aux ratios financiers. Car, dans la population, l’incompréhension règne encore à propos du fonctionnement de cette nouvelle industrie financière.

Vulgariser avant tout

"Beaucoup de personnes ont pensé qu’une banque participative est gratuite, alors que nous sommes bien une entité à but lucratif", précise le jeune DG de cette nouvelle banque.

Pour ce banquier, les études de marché qui ont été faites avant le début de la finance participative ne sont pas suffisantes et très peu significatives. "Les études n’ont pas pu répondre à toutes les questions que nous avions auparavant. D’autant plus que ça s’est passé dans un contexte de méconnaissance totale de la finance participative", poursuit Fouad El Harraze.

Autrement dit, ce n’est qu’après plusieurs mois du démarrage que les banques pourront avoir des réponses concrètes à leurs questionnements. "Il faut tout d’abord faire comprendre le fonctionnement et les mécanismes d’une banque participative à notre cible. Ce n’est qu’à ce moment-là, que les études de marché seront fructueuses", explique Fouad El Harraze.

Après une période de vulgarisation, les Marocains vont mieux cerner cette nouvelle offre, et les études qui seront réalisées, à ce moment-là, seront plus proches de la réalité. Les chiffres seront plus révélateurs et les réponses auront un sens, car les gens auront saisi la différence entre la finance participative et la finance conventionnelle.

"Nous allons accompagner le marché quelles que soient ses orientations, avec la flexibilité et l’agilité nécessaire pour pouvoir s’adapter. Nous voulons et allons apporter des réponses à des demandes sur le marché", rassure le DG d’Al Akhdar Bank.

Eviter les erreurs des autres

Pour bien affronter ce lancement, Al Akhdar Bank a invité dans son tour de table un actionnaire de référence qui maîtrise très bien la finance participative. Il s’agit de La Société islamique pour le développement du secteur privé (ICD) qui détient 49% du capital.

D’ailleurs, le directeur du département financement et investissement à l’ICD, Farid Mohamed Masmoudi, est certain quant aux bienfaits de la finance participative pour le pays.

"D’un côté, le taux de bancarisation va augmenter considérablement, selon nos études. Une grande partie de la collecte de l’épargne ne se fait pas à cause des convictions religieuses des personnes. La finance participative sera aussi bénéfique pour les entreprises. C’est un nouveau modèle de financement qui répond aux exigences d’une catégorie de dirigeants", nous explique Farid Mohamed Masmoudi.

Pour ce dernier, qui connaît parfaitement bien les pays qui ont opté pour cette finance, le modèle marocain se rapproche quelque peu de celui de la Turquie. Sauf qu’il faudra éviter les problèmes qu’ont connus les banques participatives dans ce pays situé aux confins de l'Asie et de l'Europe. "Le gouvernement turc avait prix un long délai pour émettre les premiers Sukuks, ce qui a vraiment rendu la vie difficile aux banquiers", se rappelle notre interlocuteur.

Une situation qui a fait que les banques participatives turques ne pouvaient pas gérer leur trésorerie. Elles n’avaient pas la possibilité de placer leurs trésoreries dans un actif à très court terme et même à moyen terme. Les banques participatives se sont retrouvées, donc, avec un excès de liquidité qu’elles devaient constamment gérer.

"Cette liquidité abondante a obligé les banques participatives en Turquie à financer plusieurs projets. C’est ainsi que cette nouvelle industrie financière a participé au financement de nombreux chantiers. Le problème, c’est que le taux de risque était élevé en comparaison avec les Sukuks", prévient ce spécialiste de la finance islamique.

 

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El Mehdi Berrada
Le 17 octobre 2017 à 15h27

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