Les ambitions de Facebook workplace
Grâce à sa Workplace, le réseau social Facebook ambitionne de détrôner les réseaux Intranet des entreprises. Lancé sans trop de bruit depuis un an en France, Facebook veut désormais aller à la conquête des entreprises d’Europe et des pays émergents. Il est également disponible pour les sociétés qui travaillent au Maroc.
Présenté avec exemples du Renault Retail Group (RRG) et de Talentsoft (Solutions en gestion des ressources humaines) à l’appui, Workplace fonctionne comme un réseau de communication interne à l’entreprise.
Pour créer son «lieu de travail», une procédure est à suivre sur le site dédié. Démos, webinars, exemples de sites Workplace et vidéos y sont disponibles.
Intégration et productivité
Le réseau est destiné à intégrer l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise. Il permet, selon ses premiers utilisateurs présents lors du Hub Forum cette semaine à Paris, de communiquer sans hiérarchie, de résoudre plus rapidement les problèmes qui surviennent, d’améliorer la coordination des actions et de créer du lien social au sein de l’entreprise.
Le site dispose d’un système administrateur mais la modération n’est pas prévue.
Il n’est pas nécessaire également d’avoir un compte Facebook pour être sur Workplace. Mais les données collectées devraient servir à enrichir les bases de données de l’entreprise de Mark Zuckerberg.
Selon la direction de RRG France, “une meilleure communication et la création d’une émulation entre les différentes entités de la filiale sont évidentes“. Le RGG regroupe l’ensemble des garages et concessionnaires détenus par Renault en propre. RRG est le premier département d’importance du groupe Renault à avoir adopté le Workplace. “Nous servons de laboratoire et le reste de Renault devrait suivre“.
Un réseau sans pub
Workplace devrait toutefois capitaliser sur ses 2,3 milliards de comptes Facebook dont 2 milliards sont actifs chaque jour selon des sources du réseau californien. Les mérites de Workplace seront vantés sur Facebook. Pour ses 12 premiers mois d’activité, Workplace dont le siège est à Londres, compte 14 000 “lieux de travail“, une affaire gérée par une équipe de … 70 personnes.
Le modèle économique de Workplace ne repose pas sur la publicité mais sur une rémunération liée au trafic à l’audience de chaque Workplace. Facebook facture trois dollars américains par mois pour les 2.000 premières connections puis deux dollars jusqu’à 9.000 connections, puis un dollar par mois pour la tranche suivante. Autant dire quelques dizaines de dollars par mois par entreprise.
Facebook est également arrivé au Hubforum 2018 de Paris avec des idées sur l’impact sur la communication et le e-commerce de l’usage croissant des vidéos.
La firme de San Francisco a présenté un document intitulé “Ruptures 2020“ dans lequel elle insiste sur la place croissante des identités multiculturelles, un rapport au travail plus centré sur le plaisir et la culture, une notion du “vieillissement“ qui devient archaïque et des désirs plus affirmés d’acheter “local“.
Sur le plan de la communication les vidéos mobiles et les Live sont en constante augmentation et devraient le rester selon les cadres de Facebook.
Mobilité et productivité
Mobilité et communication accrue et plus rapide sont au cœur des réflexions des professionnels des nouvelles technologies de l’information. Selon diverses informations communiquées au cours et en marge des échanges lors du Hubforum parisien.
Ainsi, “les marques génèrent 4,8 fois plus de vues via des sites ou applications tiers qu’au travers de leur propre site Internet“, révèle Franck Négro de Yext ou encore que le nombre de smartphones, de 3 milliards aujourd’hui sera de 5 milliards en 2025.
En matière de réseaux sociaux, “3% des individus mènent 90% des conversations en ligne“ selon Pierre-Loïc Assayag de Traackr. “40% des consommateurs en ligne abandonnent leur parcours d’achat, croulant sous trop d’informations“, selon Claude Chaffiotte d’Accenture Interactive.
Enfin selon le patron des chemins de fer français SNCF Guillaume Pépy, “les développements technologiques actuels permettront de réaliser des gains de productivité allant de 30% à 50% d’ici 2030 dans le secteur de la mobilité“.