PAM: voici ce que propose Hassan Benaddi dans l'immédiat
Les réunions du bureau politique sont orageuses. Des dirigeants s'étripent par déclarations interposées. Ilyas Elomari est physiquement parti mais est-ce une absence provisoire ou définitive? Voici ce que propose le premier secrétaire général du parti.
Le PAM est dans un entre-deux. Ilyas a démissionné mais son ombre plane sur les réunions et dans les couloirs. Et en tant que président de la région TTAH (Tanger Tétouan Al Hoceima), il n’a jamais été aussi actif et visible.
Bref, Ilyas a le don de ne jamais faire les choses comme les autres. Il a été élu au secrétariat général par acclamations, candidat unique qu’il était. Il se retire de la direction du parti en l’annonçant dans une conférence de presse et désigne un remplaçant intérimaire, Habib Belkouch. Lorsqu’il y a un intérim, lorsque la démission n’est pas actée par les instances du parti, lorsque l’étape suivante n’est pas définie, le clair-obscur prend possession des esprits. Ilyas Elomari hante les lieux.
Le parti doit réunir les 800 membres de son conseil national le dimanche 22 octobre à Skhirat. L’ordre du jour a subi des fluctuations. Au départ, il était question “d’examiner“ la démission d’Ilyas. Maintenant, il est question d’en prendre connaissance.
Cela étant dit, jamais le parti n’a été aussi vivant. En ce sens qu’il y a un débat intense, au point que les réunions du bureau politique sont parfois épiques.
En gros, deux courants sont visibles. L’un continue de chanter les louanges de si Ilyas ou de demander son retour. L’autre le critique d’une manière plus ou moins virulente. Peu de dirigeants restent discrets et sur la réserve.
Médias24 a rencontré Hassan Benaddi, 1er secrétaire général du parti, l’un des co-fondateurs et donc membre de facto du bureau politique. Hassan Benaddi connaît bien la vie politique marocaine, le PAM et Ilyas Elomari.
Il voit deux scénarios d’avenir pour le PAM:
1. Ilyas Elomari revient. “Plusieurs dirigeants quitteront le parti, ceux qui ne sont pas ses obligés. Le PAM entrera dans un processus de lente décomposition“. Pour Benaddi, ce scénario n’est pas impossible, quelques noms connus ou moins connus tentent de le mettre en œuvre. Il s’agit de “créer des dissensions telles qu’Ilyas apparaîtrait comme le sauveur du parti, indispensable à sa survie“.
2. Se mettre d’accord sur une direction collégiale: Autour de Belkouch ou de Fatima Zahra Mansouri, réunir les co-fondateurs et des personnalités comme Ali Belhaj et Mohamed Benhammou qui avaient sabordé leurs propres formations pour rejoindre ce parti.
Dans cette hypothèse, un congrès se tiendrait dans 2 ans au maximum, pour “une refondation du PAM par la base“.
Hassan Benaddi estime que les “conditions d’une compétition politique saine et immédiate ne sont pas réunies“. Le parti est selon lui miné par le clientélisme.
Benaddi estime que le parti “doit acter la démission“ de son secrétaire général. Sinon, il continuera à essayer de “semer la zizanie pour faire croire que son retour est indispensable et sa disgrâce passagère“.