BMCE Bank. La contribution de l’Afrique dans le RNPG se renforce
L’activité des filiales subsahariennes de la BMCE Bank Of Africa résiste et contribue fortement au RNPG, malgré une situation difficile dans quelques pays. La maison mère a connu de sa part une baisse significative de son PNB.
L’activité des filiales internationales de la banque est sur une belle lancée, malgré la situation en Afrique, et la contribution dans le RNPG a atteint 41% sur le S1. Les filiales subsahariennes représentent 34% du RNPG. A côté de cela, et pour la première fois depuis plusieurs années, le PNB consolidé du groupe BMCE Bank of Africa a connu une progression négative. Celle-ci est tellement légère qu’on parlerait d’une quasi-stagnation, mais c’est le niveau de recul assez important du PNB social qui plombe cette rubrique. La banque a aussi redressé son coût du risque sur une année glissante. Dans l'ensemble, c'est une première partie de l'année assez encourageante.
L’international atteint ces objectifs malgré la conjoncture en Afrique
"La part de la contribution des filiales à l’international de la BMCE Bank sont en totale adéquation et en ligne avec les objectifs tracés", se réjouit Brahim Touimi Benjeloun, directeur général de la BMCE Bank. Il faut dire que la progression des contributions durant ce premier semestre a été très importante.
Pour le RNPG, la part des activités à l’international de la BMCE Bank a atteint sur les 6 premiers mois de l’année 41%, contre 36% à la même période de l’année dernière. Dans le détail, l’Afrique pèse 34%, soit 7 points en plus par rapport au S1 de l’année écoulée, et l’Europe passe à 7% contre 9% enregistré il y a un an. La maison mère et ses filiales marocaines ont contribué à hauteur de 59%, selon les dirigeants de la banque.

"En Europe, nous avons été impactés et principalement au niveau de nos provisionnements par les nouvelles mesures réglementaires adoptées par la banque centrale en Espagne", explique Driss Benjelloun, directeur général chargé des finances.
Pour le continent africain, et même si la contribution progresse, les dirigeants de la BMCE Bank avouent que la situation est tendue dans quelques pays. "Nous sommes dans une conjoncture favorable par rapport à notre portefeuille. Nous avons une pondération plus importante dans des pays de l’Afrique de l’ouest qui est moins touché que l’Afrique centrale où les pays producteurs de pétrole connaissent une période difficile. Il y a des pays où ça devient très compliqué et la gestion au quotidien est de plus en plus difficile", précise Amine Bouabid, président de Bank of Africa, filiale de la BMCE.
En effet, au Congo par exemple la filiale de la BMCE Bank, La Congolaise des Banques (LCB), a subi la crise en plein fouet, selon les dirigeants de la banque. "La LCB, et en dépit de la situation sur place, elle offre un ROE supérieur à 15%. Un niveau extrêmement favorable dans le milieu bancaire. Ce qui nous sauve nous investisseurs marocains, c’est que nous avons une vision du risque Afrique qui est différente de celle des Européens", explique Mohamed Agoumi, directeur général chargé de l’international à la BMCE Bank.
L’important recul du PNB social
Le PNB groupe, consolidé, s’est établi sur les 6 premiers mois de l’année à hauteur de 6,69 milliards de DH, soit un timide recul de 0,2%. La vraie baisse, dans les états de synthés, elle est à trouver au niveau des comptes sociaux de la banque présidée par Othman Benjelloun. En d’autres termes, la maison mère marocaine n’a pas affiché son niveau habituel des progressions. Le PNB social, de la BMCE Bank au Maroc, a connu une baisse de 4,1% pour afficher 3,4 MMDH à fin juin de cette année. "C’est au moment de la consolidation que ce recul important se dissout", remarque un analyste financier de la place.
Les dirigeants de la banque expliquent que les performances des activités de marché lors de la même période de l’année dernière ont été "stratosphériques". La contribution de ces activités dans le PNB a baissé de 51% sur une année glissante.
Ceci se confirme même sur les résultats des filiales qui opèrent sur le marché financier à l’image de la BMCE Capitale Bourse. Cette dernière, a vu son résultat net passer de 12,1 millions de dirhams, à 1,5 million de dirhams sur une année glissante, soit une baisse de 88%. C’est principalement ce qui a induit à un recul de 74% de la contribution de celle-ci dans le RNPG consolidé.

Un niveau du coût de risque très favorable
"Nous avons des objectifs en matière de coût du risque, pour l’ensemble du groupe mais aussi pour chaque entité. Ce que je peux vous dire, c’est que nous sommes encore à un niveau inférieur pour les chiffres consolidés", précise Brahim Touimi Benjelloun.
En tout cas, pour cette première partie de l’année, le stock de provisions a grimpé de 11% qui s’élève à 9,3 MMDH à fin juin. "De mon côté, je pars du principe que les stocks de provisions sont récupérables, à un certain niveau au moins", se rassure, le DG Driss Benjelloun.
Le coût du risque net consolidé passe de 1,05 MMDH à 633 MDH, soit une chute de 40% qui donne le sourire aux dirigeants de la BMCE. En parallèle de cela, le taux de couverture des créances en souffrance s’est lui aussi amélioré en passant de 60% à 64% entre juin 2016 et juin 2017. "Nous avons l’un des taux de contentieux les plus bas du marché avec 7,7% et qui a baissé de 0,6% en glissement annuel", ajoute Driss Benjelloun.