Chèques en bois, cartes bancaires, billets contrefaits: les chiffres de 2016
Le cash continue sa prédominance sur l’économie nationale. Le rythme de progression de la demande de cash a certes reculé, mais cela est dû plutôt au ralentissement de la croissance économique et à la baisse des activités agricoles.
En 2016, les échanges des moyens de paiement scripturaux (chèque, carte, virement, prélèvement, lettre de change, etc.) ont progressé en nombre d’opérations de 22,8% par rapport à 2015. C’est ce qui ressort du dernier rapport de Bank Al Maghrib sur les systèmes et les moyens de paiement, portant sur l’année précédente.
Le nombre global des échanges de paiement scripturaux s’est élevé donc à 186,6 millions d’opérations, correspondant à une valeur cumulée de 2.900 milliards de dirhams, ce qui ne représente que 5,5 transactions par an et par habitant.
Par ailleurs, le rapport note que pour la première fois, le chèque a cédé sa pôle position au profit du virement qui représente, en termes d’opérations réalisées, 32% des échanges.
Ceci étant, en termes de montants échangés, les chèques demeurent prépondérants avec une part de 50%. Les transactions de paiement par cartes ne représentent que 1% des opérations, «étant donné que les cartes sont utilisées essentiellement pour des règlements de faible montant», souligne la Banque Centrale.

Source: Bank Al Maghrib
La prédominance du chèque fait que les problèmes y afférents sont toujours présents, notamment les rejets. Dans le circuit interbancaire, le nombre de rejet, tous motifs confondus, s’est élevé à plus de 720.100 opérations, correspondant à un taux de rejet de 2,48% en stagnation (-0,08% par rapport à 2015).
Les rejets pour motif de «défaut ou d’insuffisance de provision» continuent d’occuper une part prépondérante, avec près de 53% du total des rejets opéré sen 2016.
En intra-bancaire, le nombre des rejets de chèques dépasse les 434.000, correspondant à un taux de rejet de 2,06%, dont 40% correspondent à des rejets pour absence ou insuffisance de provision.
Bank Al Maghrib note également que la proportion des lettres de change normalisées (LCN) rejetées, qui s’est établie en interbancaire à 15,73% en 2016 contre 17,35% en 2015, demeure inquiétante, surtout que plus de 89% des rejets sont justifiés par l'absence ou l'insuffisances de provision.
En intrabancaire, la proportion des LCN rejetée est également qualifiée d’inquiétante avec 17,9% en nombre en 2016. Cette proportion est d’autant plus alarmante que 92% des rejets correspondent à des rejets pour absence ou insuffisance de provision.
Le nombre des paiements par carte s’est, pour sa part, établi à 42 millions d’opérations, pour une valeur de 19,4 MMDH, soit une progression de 24% en nombre et 19% en valeur: «En dépit de cette progression, le ratio de paiement [Calculé en rapportant les transactions de paiement au total des transactions par cartes bancaires, ndlr.] demeure assez faible, ne dépassant pas 14,1% en nombre et 7,9% en valeur à fin décembre 2016», souligne Bank Al Maghrib.
En effet, les retraits d’espèces représentent l’essentiel des opérations effectuées par le biais des cartes bancaires. Et avec une part de 83% des transactions effectuées, les opérations sur TPE représentent l’essentiel des paiements réalisés par cartes bancaires en 2016.

Bank Al Maghrib souligne toutefois que l’économie marocaine demeure largement dominée par le cash. Le rythme de progression de la demande de cash a certes reculé, mais la Banque centrale indique que cette évolution est due plutôt au ralentissement de la croissance économique et à la baisse des activités agricoles.
La demande de cash s’est ainsi établie à 216 MMDH en 2016. Par habitant, la circulation fiduciaire représente, en valeur, près de 6.300 DH.
Par ailleurs, les billets de banque marocains contrefaits se sont établis à 12.292 billets, pour une valeur de 1,9 MDH, enregistrant des hausses respectives de 19% et de 43%.
En 2016, le taux de contrefaçon a augmenté de 1,1 point pour s’établir globalement à 8,6 faux billets par million de billets en circulation, contre 7,6 un an auparavant.
Et pour remédier aux différents aléas accompagnant le cash, Bank Al Maghrib souligne qu’un comité stratégique regroupant, outre l’ANRT (Agence nationale de réglementation des télécommunications), les principales banques de la place, les trois opérateurs télécoms, le ministère des Finances et le ministère de l’Industrie; a été mis en place pour piloter le projet de la mise en place de la solution nationale de paiement mobile.
«Ce comité est chargé de définir les principales règles de place nécessaires au bon fonctionnement des opérations inter-opérées, de mener la syndication et d’affiner le modèle économique pour un lancement effectif de la solution courant 2018».