Droits de l'homme: le Maroc répond aux recommandations de l'ONU
Le Maroc maintient sa réserve sur l'abolition de la peine de mort et sur la dépénalisation de l'homosexualité, mais répond favorablement aux recommandations relatives à l'avortement.
Le ministre d’Etat chargé des droits de l’Homme, Mustapha Ramid, a présidé, ce 21 septembre à Genève, la délégation marocaine participant à la séance consacrée à l’adoption du rapport du groupe de travail de l’Examen périodique universel (EPU).
Le Royaume a reçu 244 recommandations, dont 191 ont été acceptées: 23 pleinement mises en application et 168 en cours d’exécution dans le cadre des réformes en cours.
Le Maroc a en outre pris note de 44 recommandations dont il a refusé 18 partiellement et 26 autres totalement. De même, le Royaume a rejeté 9 recommandations du fait qu’elles ne relèvent pas des attributions du Conseil des droits de l’homme.
En effet, le Maroc maintient sa position sur:
- la criminalisation de l'homosexualité,
- certaines dispositions de la Moudawana en matière de mariage et d'héritage,
- le jugement des journalistes selon le code pénal,
- l'abolition totale de la peine de mort sur laquelle le débat est toujours en cours.
Par ailleurs, le Maroc a accepté les recommandations relatives à l'avortement et au travail des mineurs.
Rappelons qu'un débat a été lancé autour de l'avortement en 2015, sur instructions royales. Les consultations penchent actuellement pour l'encadrement de l'avortement et la légalisation seulement dans certains cas: la santé de la mère, les malformations congénitales du foetus, l’inceste ou le viol.
"Le rejet total ou partiel de certaines recommandations par le Royaume s’est basé sur la conformité avec les principes et dispositions de la Constitution marocaine et des Conventions internationales ratifiées", a affirmé le ministre d’Etat dans une déclaration à la MAP.
Par ailleurs, il n’a pas manqué de mettre en évidence les progrès enregistrés au Maroc en matière de consolidation du cadre juridique et institutionnel depuis l’examen de son rapport national en mai dernier.
Au cours de cette séance d’adoption, le ministre a souligné l’engagement du Maroc à présenter un rapport d’étape relatant le suivi de la mise en œuvre des recommandations issues du 3e cycle de l’EPU, en consécration de cette bonne pratique mise en place depuis 2012.