ICT4Dev ou les IT au service de la gouvernance participative marocaine
Le centre de recherche ICT4Dev loge sur le campus de l'université Mundiapolis à Nouasseur depuis près de trois ans. Fondé dans le sillage du printemps arabe, il cherche un nouveau souffle.
Dirigé par Tarik Nesh-Nash et Zineb Mahrez, ICT4dev s'efforce depuis 2014 de répondre à la question de savoir "comment utiliser les nouvelles technologies au service d'une gouvernance participative?" précise son fondateur. "ICT4Dev fait la promotion d'une approche scientifique et apolitique pour contribuer au développement social", précise Nesh-Nash. ICT est l'acronyme en anglais pour "technologies de l'information et de la communication".
Le premier coup de maître du jeune trentenaire eu lieu au lendemain du discours royal du 9 mars 2011. Tarek Nesh-Nash lance un site web et un vaste sondage en ligne sur les plus de 120 articles de la Constitution qui devait être révisée. L'initiative avait animé le débat public et suscité l'intérêt de la commission de révision de la Constitution.
"En fin de parcours, près de 40% des amendements proposés se retrouveront dans le projet de nouvelle Constitution pour lequel la commission de révision avait effectué un large tour de consultation", précise Nesh-Nash.
Après la politique intérieure pure, vinrent ensuite des travaux sur la géo information au service de la gestion urbaine durable, l'Ecocitizen World Map Project et, de nouveau, le projet qui permet aux citoyens de prendre connaissance des projets de lois et d'y apporter, en ligne, leurs critiques et propositions d'amendements.
Le projet ICT4 Dev a été présenté la semaine écoulée à Casablanca dans le cadre du forum Mena de la Fondation BMW pour faire connaître son concept et ses réalisations, mais surtout et avant tout pour bénéficier des regards critiques de pairs extérieurs, d'acteurs sociaux et des propositions des leaders invités cette semaine au Maroc par l'institution allemande.
L'exercice simple dans son concept mais sophistiqué dans ses exigences intellectuelles et de gestion du temps aura permis à Tarik Nesh Nash et au président de l'université Mundiapolis de Casablanca, Amine Bensaid, de bénéficier d'un feedback susceptible de conduire à un renouvellement et à une redynamisation du centre de recherche de Mundiapolis.
Après une présentation du centre de recherche, les échanges ont été conduits par deux cadres de la Fondation BMW, l'une pour la gestion des prises de parole et du temps, l'autre pour ordonner et synthétiser les propositions et remarques exprimées.
Les interrogations portent ainsi d'abord sur les problèmes immédiats à résoudre par ICT4Dev pour survivre. Viennent ensuite les questions sur le financement, -uniquement extérieur jusqu'à présent !-, le plan de développement, les partenariats, la structure des coûts de gestion, la relation d'ICT4Dev avec l'université et le business model.
Progressivement, les échanges éclaircissent et structurent le champ de la réflexion. Nesh-Nash explique qu'ICT4Dev peut fournir ses services à la société civile, aux organisations internationales, aux secteurs public et privé. Le patron de Mundiapolis et logeur d'ICT4Dev avance: "Quel est le problème central aujourd'hui au Maroc? Comment la technologie peut-elle faire la différence?"
Les participants de ce que la Fondation BMW appelle dans son jargon une impact session abordent le sujet des RH pour les uns, plutôt talents pour les autres, nuance. On parle des tâches à accomplir, à organiser, à prioriser. Comment les étudiants de Mundiapolis peuvent plus participer, être intégrés et créer ainsi une combinaison gagnante multiple: les talents des étudiants + Mundiapolis + ICT4Dev avec la société civile et politique et le futur employeur des talents de Mundiapolis dans la catégorie des bénéficiaires.