Deux importants changements au ministère des A.E.
Compétition interne, plus grande mobilité, congés administratifs dans les postes de pénibilité. Les détails.
Vendredi 15 septembre, le ministère des Affaires étrangères a mis en compétition interne une centaine de postes de responsabilité, apprend Médias24 auprès de ce département. Parmi ces postes, une dizaine de postes de directeurs et une quarantaine de chefs de division.
Hormis le nombre important, on relèvera qu’une partie de ces postes sont déjà pourvus. Ce qui signifie que leurs titulaires pourraient être appelés à changer d’affectation, en fonction des candidatures reçues. Le ministère veut redynamiser la mobilité interne, horizontale ou verticale, selon notre source.
Tous ces postes sont situés dans l’administration centrale.
L’objectif principal est une structure centrale “forte et solide, qui mobilise et alimente le reste, et d’abord le travail diplomatique“.
Le ministère doit être une machine bien performante et réactive, selon notre source: “l’UA, ce n’est pas un sommet, c’est 365 jours de travail par an. Et c’est pareil pour tous les sujets“. “Chaque pièce de cette machine est fondamentale“, allusion directe aux ressources humaines.
Cette mise en compétition d’une centaine de postes de responsabilité doit permettre aux cadres du ministère d’exprimer leurs ambitions. La décision a été prise par Nasser Bourita, ministre de tutelle, pour qu’un “poste de responsabilité ne soit plus considéré comme un acquis, a fortiori une rente“. Un responsable ne devrait donc plus rester plus de cinq ans à un poste.
Bourita veut donc de la “fraîcheur, du sang neuf, de la mobilité, une forte impulsion donnée par la base et de l’ambition“.
Réforme du système de congés pour “pénibilité“
C’est un changement qui devrait faire gagner “2.000 jours de travail par an“, nous indique notre source, “pour le travail diplomatique et consulaire“.
Une partie des agents du ministère des Affaires étrangères affectés dans des pays étrangers, bénéficient de 45 jours de congé annuels ainsi que de la prise en charge de leurs frais de voyage et de leur famille une fois par an, au lieu de deux ans pour le régime général.
Il s’agit de ceux qui sont affectés à des postes dits de “pénibilité“ élevée. La notion de pénibilité est liée aux conditions climatiques ou aux difficultés de transport. Par exemple, depuis 1973, les postes aux Emirats Arabes Unis sont classés dans la catégorie “pénibilité“ alors que la qualité de vie aujourd’hui y est recherchée et l’accès très aisé.
Ces 45 jours avaient été instaurés pour cette catégorie d’agents, par le décret n°2-75-898 (articles 19 et 29).
La notion de pénibilité va être maintenue mais la liste révisée. Surtout, le congé annuel sera ramené à la normale, un mois par an, et la notion de pénibilité vaudra à chaque diplomate qui occupe un tel poste, 4 à 5 points de plus dans la grille de promotion.
C’est dans ce cadre que le Conseil de gouvernement a adopté, jeudi 14 septembre, le projet de décret n°2-17-487 modifiant le décret n°2-75-898, relatif au séjour et aux déplacements des agents du ministère des Affaires étrangères en service à l'étranger.
Ce projet vise à réduire de 45 à 22 jours ouvrables la durée du congé administratif accordé à certains agents affectés à des postes dits de pénibilité, en raison notamment du développement du secteur de transport et de l'amélioration de ses conditions, et compte tenu du facteur du rendement.