Rohingyas: l'ONU réclame à la Birmanie “des pas immédiats” pour arrêter la violence
Le Conseil de sécurité de l'ONU a réclamé mercredi 13 septembre à la Birmanie "des pas immédiats" pour faire cesser un "recours excessif à la force" dans l'ouest du pays contre la minorité musulmane Rohingya fuyant en masse vers le Bangladesh.
A Rangoon, la dirigeante birmane, Aung San Suu Kyi, qui a annulé un déplacement pour l'Assemblée générale de l'ONU débutant la semaine prochaine et qui rejette toute critique, a fait savoir qu'elle sortirait publiquement prochainement de son silence.
A l'issue d'une réunion à huis clos, le Conseil de sécurité a souligné la nécessité d'un accès humanitaire aux Rohingyas. Ses membres "appellent le gouvernement birman à tenir ses engagements de faciliter l'aide humanitaire dans l'Etat Rakhine (aussi appelé Arakan)", dit une déclaration lue par le président tournant du Conseil, l'ambassadeur éthiopien Tekeda Alemu.
L'ONU et les ONG n'ont accès à la population Rohingya qu'au Bangladesh.
Plus de 379.000 Rohingyas se sont réfugiés dans ce pays limitrophe de la Birmanie depuis fin août pour fuir une campagne de répression de l'armée birmane consécutive à des attaques de rebelles rohingyas. Et des milliers d'autres seraient toujours sur les routes.
Peu avant la déclaration du Conseil de sécurité, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait appelé la Birmanie à suspendre ses opérations militaires contre la minorité Rohingya, considérant que les autorités se livraient à un nettoyage ethnique.
"J'appelle les autorités de Birmanie à suspendre les activités militaires et la violence et à faire respecter la loi", a déclaré M. Guterres. S'agit-il de nettoyage ethnique? "Quand un tiers de la population Rohingya doit fuir le pays, pensez-vous pouvoir trouver un meilleur mot pour décrire" la situation?, a-t-il répondu à un journaliste.
(Avec AFP)