Tunisie: appel pour le report des municipales, prévues le 17 décembre
Huit partis tunisiens ont appelé, mardi 5 septembre, au report des élections municipales, prévues le 17 décembre 2017.
D'après ce collectif comprenant "Al Joumhouri", "Machrou3 Tounes", "Al Badil ettounsi", "Afek Tounes", "Al Massar", le parti "Al Watan al mouwahad", Parti du travail national démocrate et "Tounes awalan": "les conditions nécessaires sur les plans administratif, logistique et juridique ne sont pas encore réunies" pour l'organisation de ces échéances.
"Nous demandons le report des élections municipales et appelons le président de la République à nous écouter (...) pour convenir d'une nouvelle date", a dit lors d'une conférence de presse, Issam Chebbi, dirigeant du parti centriste "Al Joumhouri".
Pour Yassine Brahim, chef d'"Afek Tounes", membre de l'actuelle coalition gouvernementale, "fin mars nous paraît une bonne date" pour la tenue de ces municipales.
Il a relevé que son parti "a des doutes sur la capacité de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) à organiser ces municipales dans de bonnes conditions.
Il a précisé que ces élections ne peuvent se tenir sans combler les postes vacants au sein de l'ISIE et sans l'adoption au Parlement d'un code électoral permettant l'organisation administrative et financière des municipales.
De son côté, Mohamed Ali Toumi, porte-parole du parti "Al Badil", présidé par l'ancien Premier ministre, Mehdi Jomaa, a souligné qu'il est impératif de "garantir la neutralité de l’administration surtout au niveau local".
"Il est nécessaire de mettre en place un calendrier pour préparer les élections, sachant que nous devons faire face à d’énormes défis qui sont d’ordre économique et non politique", a-t-il expliqué.
Pour Wafa Belaïd, présidente du comité central de "Machrou3 Tounes", la date choisie par l’ISIE n’a pas été acceptée dès le départ par 11 partis.
Elle a précisé que "ni le gouvernement ni l’ISIE ne sont prêts pour ces élections".
"Nous demandons à ce que cette date soit reportée tant que les conditions nécessaires ne sont pas réunies", a-t-elle insisté.
"En mars 2018 au plus tard"
Dans une déclaration commune, ces partis appellent le Parlement à tenir une session extraordinaire pour combler les vacances dans la composition de l'ISIE et adopter le code des collectivités locales.
Ils exhortent le gouvernement à publier les textes d'application et à installer les instances judiciaires et financières régionales, à préparer l'administration et à prévoir des mécanismes de coordination entre divers intervenants dans le processus électoral.
Les signataires soulignent également l'importance qu'il y a de mobiliser les ressources financières nécessaires aux municipalités, conformément au nouveau code des collectivités locales, dans le cadre de la loi de finances 2018 et d'établir un échéancier pour chaque mesure avant l'appel officiel aux élections.
Ils ont, en outre, relevé leur disposition à négocier avec toutes les parties concernées pour garantir le succès des élections municipales n'écartant, toutefois, pas leur mobilisation pour le report de cette échéance politique au plus tard au mois de mars 2018.
Dans des récentes déclarations à la presse, le vice-président de l’ISIE, Anouar Belhassan, avait assuré que ces élections, au cours desquels les candidats vont se disputer 7.182 sièges répartis sur 350 municipalités, "se dérouleront dans les délais impartis".
"Il n’y a aucune intention de revoir la date de cette échéance électorale", a-t-il précisé.
Le dépôt des candidatures pour ces échéances est fixé du 19 au 26 septembre. La campagne électorale démarrera le 25 novembre et se poursuivra jusqu’au 15 décembre, tandis que le scrutin ou le suffrage universel aura lieu le 17 décembre, précédé le 10 décembre par le vote des sécuritaires et des militaires.
Les résultats préliminaires seront proclamés, au minimum, le jour même du vote général et au maximum le 20 décembre 2017, alors que les résultats définitifs seront proclamés au maximum le 24 janvier prochain.
(Avec MAP)