Kenya: le président en tête, l'opposition rejette les résultats
L'opposition kényane a rejeté mercredi 9 août et qualifié de "fictifs" les résultats provisoires de l'élection présidentielle donnant son candidat Raila Odinga nettement devancé par le chef de l'État sortant, Uhuru Kenyatta.
"Le système a échoué. Nous rejetons les résultats (publiés) jusqu'à présent", a déclaré M. Odinga, s'adressant à la presse très tard dans la nuit.
En amont du scrutin, qui a donné lieu au déploiement sans précédent de plus de 150.000 membres des forces de sécurité, de nombreux observateurs kényans et internationaux avaient exprimé des craintes de troubles à l'annonce des résultats de la présidentielle. Dix ans après les pires violences électorales de l'histoire du pays, la campagne 2017 a été acrimonieuse, l'opposition n'ayant eu de cesse d'accuser le camp présidentiel de préparer des fraudes.
Sur près de 13 millions de votes exprimés comptabilisés par la commission électorale (IEBC), sur 19,6 millions d'électeurs inscrits, le président Kenyatta, au pouvoir depuis 2013, était crédité de 54,89% des voix contre 44,28% à M. Odinga, qu'il devançait de près de 1,3 million de voix.
La coalition d'opposition (Nasa) reproche à la commission électorale (IEBC) de ne pas lui communiquer les procès-verbaux susceptibles de corroborer les résultats transmis électroniquement et diffusés sur le site internet de la commission. M. Odinga a également accusé la commission électorale d'avoir interdit à ses agents de scanner les procès-verbaux dans certains bureaux de vote.
L'IEBC a indiqué qu'un des deux camps lui avait demandé de cesser la diffusion régulière des résultats partiels. Elle a refusé par souci de "transparence et de responsabilité envers les électeurs et le peuple kényan".
Vétéran de la politique kényane et candidat pour la quatrième fois à la présidentielle, M. Odinga avait crié à la fraude en 2007 à l'annonce de la réélection du président Mwai Kibaki. Le Kenya avait alors plongé dans deux mois de violences politico-ethniques et de répression policière, qui avaient fait au moins 1.100 morts et plus de 600.000 déplacés.
(Avec AFP)