Ilyas El Omari: “Je suis déjà parti”
Ilyas El Omari donne une conférence de presse au siège du PAM à Rabat. Une conférence de presse très courue et très attendue.
Cette conférence de presse très attendue fait suite à sa démission surprise, qu'il a annoncée lundi en fin de journée au cours d'une réunion du bureau politique du parti.
C’est un Ilyas El Omari souriant mais aux traits tirés par quelques heures de sommeil après sa réunion du lundi 7 août qui a expliqué aux médias les raisons de son départ.
Offensif, il n’a esquivé aucune question et a tenu à signifier que personne ne lui avait dicté sa décision de démissionner de son poste de secrétaire général du PAM.
"C'est une décision indépendante, prise par moi seul".
"Elle est justifiée par le bilan du parti. Hier, au cours de la réunion du bureau politique, il y a eu des informations, des échanges, un bilan".
"Ce bilan justifie des sanctions contre un certain nombre d'élus. Des élus dans les deux chambres du parlement se sont manifestés par leur absentéisme. Des élus dans les assemblées territoriales n'ont pas respecté les engagements pris envers leurs électeurs. Certains élus, qui dirigent des assemblées, ont décidé de démissionner des conseils, car ils n'ont pas les moyens d'agir. Beaucoup ne respectent pas les orientations du parti. De ce fait, des sanctions s'imposent. Le bureau politique étudie actuellement des mesures contre eux mais s’ils doivent être punis, je dois l’être tout autant.
Je suis le seul responsable car c’est moi qui les a choisis ou validé leurs candidatures, même du temps de M. Bakkoury où j'étais président de la commission électorale. Je suis le premier responsable, c'est pour cela que je dois démissionner.
"La décision de démissionner s'est imposée à moi lorsque j'ai entendu parler les intervenants au cours de cette réunion du bureau politique et au vu du bilan dressé par la commission qui a travaillé sur 9 ans d'existence du PAM".
"Ma décision est purement individuelle. Personne ne me l'a dictée. Personne ne m'a jamais dicté une décision. Le Maroc a changé et le temps des ordres venus d’en haut est révolu. Quelles que soient les erreurs commises par le PAM, c'est Ilyas El Omari qui les assume, qui en est responsable".
"Celui qui connaît Ilyas avant le PAM et pendant le PAM, le connaîtra après le PAM. Ilyas ne prend pas ses directives ailleurs qu'en lui-même. Il faut arrêter avec cette complotite car je n’ai jamais accepté de me soumettre à des diktats".
"Si le Conseil national refuse ma démission, ce sera sa décision. Moi, ma décision est prise mais cela ne veut pas dire que je quitte le parti car je reste un militant du PAM".
"Pour ce qui concerne la présidence de la région, je suis élu, personne ne peut me démettre. Je ne compte pas démissionner, j'ai des engagements avec les partenaires et je ne peux pas trahir la population qui m’a porté à la tête de la région. Lorsque le moment viendra de démissionner, je le ferai mais pour l’instant, ce n'est pas le cas".
"Celui qui veut me passer un message, le temps des signaux est révolu. Il n'a qu'à dire les choses clairement et publiquement, d’autant plus qu’avec les nouveaux outils de communication, on ne peut plus rien cacher à la population."
"Je suis peut-être un politicien qui a échoué, mais je fais pas de théâtre, je ne sais pas le faire et ma décision est donc irrévocable".
"Ma démission est provoquée par des considérations objectives et historiques. Il n'y a aucune relation avec ce qui se passe à Al Hoceima et même si certains ne se gênent pas pour m’insulter et me tenir responsable de la situation dans le Rif, je n’ai qu’amour pour cette région et pour mon pays. On m’impute tout et n’importe quoi même les erreurs de gestion du gouvernement qui est le vrai responsable de la crise née à Al Hoceima".
"Le discours du Trône: tous les partis ont loué le discours mais aucun n'a dit qu'il se sent concerné. Moi, je dis que je me sens concerné par le contenu du discours, même si je n'ai assumé la responsabilité du parti que pendant un an et demi. Ma conscience est en paix même si je m’interroge si je n’ai pas fait une erreur en acceptant de devenir leader du PAM en 2016. Certains prétendent que j’aurai dû démissionner au lendemain des législatives du 7 octobre mais contrairement à d’autre qui ont promis de le faire, j’avais manifesté un espoir et pas une promesse ferme d’arriver premier à ce scrutin".
"On ne peut pas dire que je suis déterminé à partir. Je suis déjà parti et c’est le Conseil national qui vous livrera le nom de mon successeur".