La préparation du PLF 2018 vue par Mohamed Boussaïd
Le prochain budget sera le premier à être élaboré par l’actuel gouvernement. Les contraintes et les défis ne sont pas négligeables. Malgré cela, Mohamed Boussaïd reste optimiste, volontariste et évoque la relance économique et le retour de confiance.
C’est un peu le message délivré par le ministre de l’Economie et des finances qui a présenté un exposé au sujet de l’exécution de la Loi de Finances 2017 et de la préparation du PLF 2018. Cela se passait ce jeudi 27 juillet en Conseil de gouvernement puis devant les deux commissions parlementaires des finances.
Le contexte général d’élaboration du projet de loi de Finances 2018 est mitigé. A l’étranger, on constate une timide reprise économique mais la situation dans les pays du Golfe (crise avec le Qatar, baisse des recettes pétrolières) a des répercussions sur le Maroc, avec la réduction des dons des pays du CCG.
Au Maroc, la situation sociale est marquée par des tensions et de fortes attentes, et pas seulement à Al Hoceima.
Les priorités citées par le ministre sont quatre:
-les secteurs sociaux, enseignement, santé, emploi et la réduction des inégalités dans le monde rural.
-promouvoir l’industrialisation, encourager l’investissement privé, soutenir les PME.
-consolider la régionalisation avancée.
-accélérer les réformes, améliorer la gouvernance.
Les engagements incompressibles sont nombreux: voie expresse Taza-Al Hoceima (400 MDH), port de Safi (800 MDH), port Nador West (400 MDH), port de Jorf Lasfar (200 MDH), barrages (1,5 MMDH), entretien routier (450 MDH), expropriations et exécution de décisions judiciaires (1,6 MMDH), programmes de développement régional.
-Liquidation progressive des agences de développement régional: 800 MDH (l’ensemble des engagements antérieurs est de 5 MMDH).
-rembourser le butoir de l’ONEE pour 460 MDH, l’ONCF pour 370 MDH, ainsi qu’ADM et la RAM.
-généraliser les bourses aux étudiants de la formation professionnelle (400 MDH qui s’ajoutent au 1,6 MMDH de bourses aux étudiants des universités).
-recrutements par contrat dans l’enseignement (11.000 + 24.000 recrues): 3,7 MMDH.
-coût de la réforme de la retraite: 4 MMDH.
Au niveau des dépenses, notons la hausse des transferts au profit des régions (7 MMDH en 2018 contre 5,7 MMDH en 2017) et des remboursements de TVA. Ce transfert qui représente 0,7% du PIB, se fait sans transfert de compétence. Ce qui signifie qu'il ne se traduit pas par des dépenses en moins pour le budget général de l'Etat.
Parallèlement, il est question d’accélérer l’exécution du modèle de développement des provinces du sud (77 MDMH), de mise à niveau du monde rural (50 MMDH en partenariat avec les régions), l’accélération de la réalisation des stratégies urbaines intégrées (Al Hoceima, Rabat, Casablanca, Kénitra, Tétouan…) ainsi que la poursuite du soutien aux stratégies sectorielles (PMV, PAI, tourisme).
Le ministère des Finances souhaite poursuivre en 2018, la réforme de la Caisse de compensation avec une réduction des subventions et la mise en place d’un ciblage des couches précaires qui bénéficieront d’aide directe.
Au final, l'exercice est le même chaque année: les ambitions du gouvernement, celles des ministres et, en face, les contraintes de la conjoncture. Boussaïd, qui est également ministre de l'Economie, a déclaré que le gouvernement veut œuvrer au renforcement de la confiance avec les opérateurs et à la relance économique. Il veut rester optimiste et même volontariste.