Une dizaine d’architectes signataires convoqués par l’Ordre de Casablanca
C’est une première liste, nous indique Karim Sbaï, président de l’Ordre des architectes de la région de Casablanca-Settat. Les faits qui leur sont reprochés portent sur les manquements à l’exercice professionnel, notamment au niveau du suivi.
Cela fait des mois que le Conseil de l’ordre en parle, levant le voile sur ce qui est devenu un phénomène dans la profession: les signatures de complaisance. Ceux qui s’y adonnent sont appelés les signataires. Qualifier ainsi un architecte revêt une connotation péjorative dans la profession.
"Ils signent beaucoup trop de dossiers par rapport à leur capacité de travail réelle et ne font pas de suivi… Dans le lot, il y a de tout, des petits et grands projets", déclare à Médias24 karim Sbaï, président de l’Ordre des architectes de la région de Casablanca-Settat. "Une dizaine d'architectes ont été convoqués par notre Ordre. Ce n'est qu'une première liste, la campagne d'assainissement se poursuit", ajoute-t-il.
Les estimations sont éloquentes: 30% des professionnels, près du tiers donc, procèdent à des signatures de complaisance et plus de la moitié des projets autorisés n’ont pas été élaborés par des architectes. Seul leur cachet y figure pour répondre à des obligations légales, alors que les plans sont conçus par des techniciens ou des dessinateurs. Chiffres communiqués par le Conseil national de l’ordre en 2016.
Le phénomène des architectes signataires existe également dans les projets ayant fait l’objet d’appels d’offres internationaux et où des architectes étrangers sont désignés avec obligation d’associer des locaux.
Ce qui arrive alors dans la majorité des cas, c’est que l’architecte étranger s’occupe de la partie conception dans sa totalité. Le Marocain ne fait qu’apposer son cachet et liquider les procédures administratives, moyennant une petite contrepartie financière. Sa simple signature l’engage pourtant pleinement si un manquement est constaté.
Les sanctions disciplinaires prévues par la loi vont de l’avertissement au retrait définitif de l’autorisation d’exercer en cas de faute grave.