PJD: Benkirane affirme vouloir tourner la page des tensions internes
Le secrétaire général du PJD était attendu pendant la session extraordinaire du conseil national du PJD tenue samedi 15 juillet. Lecture rapide de sa posture et de ses messages.
Il a quand même parlé pendant 66 minutes. Benkirane aime toujours la lumière et les micros. Cette fois-ci, ce fut un discours conciliant. Même si l'on sait qu'en politique, il y a parfois un gap important entre le discours et les actes. Et cela vaut pour Benkirane comme pour les autres hommes politiques.
Benkirane a choisi la posture de l'homme sage qui veut avant tout l'intérêt du parti, sa continuité, son unité. Il s'est présenté en filigrane, comme la conscience du PJD, le dépositaire de ses valeurs, de ses objectifs et de son histoire.
La perte du fauteuil de Chef du gouvernement? "Je n'ai pas ressenti de la tristesse une seule seconde, ni ma femme. Contrairement à certains frères. Seule ma fille a pleuré. Mais elle a pleuré pour son père, pas pour le fauteuil".
Le gouvernement? "C'est notre gouvernement, c'est nous qui le conduisons. Nous devons le soutenir. Sa réussite sera la nôtre".
"Il faut regarder vers l'avenir, la crise de confiance doit être dépassée". Benkirane parlera à plusieurs reprises des accusations de trahison qui circulent dans les rangs de la direction du PJD. Lui-même avait lancé une de ses phrases sybillines, il y a quelques jours: "Lorsqu'il y a une trahison, elle vient de l'intérieur". Aujourd'hui, il affirme qu'il ne faut pas lancer d'accusations sans preuves et que celui qui a une preuve doit la déposer sur la table.
Comme d'habitude, il souffle le chaud et le froid. Il ne dit pas qu'il n'y a pas eu trahison. Il dit simplement qu'il n'y a pas de preuve. ET que "la confiance doit triompher de la suspicion. Et si quelqu'un a trahi, il aura affaire à Dieu".
Benkirane n'est donc pas dans la rupture. Peut-être a-t-il mesuré le rapport de forces. Peut-être est-il sincère. Peut-être accepte-t-il de ne pas faire de troisième mandat: mais si ça avait été le cas, il l'aurait dit. Il ménage ses effets. Un discours qui est un exercice d'équilibriste, comme le funanmbule Benkirane en a le secret.
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