PJD: la perspective d'un 3e mandat pour Benkirane s'éloigne un peu plus
Le prochain congrès du PJD aura lieu les samedi et dimanche 9 et 10 décembre. Le Conseil national réuni ce samedi 15 juillet a validé cette proposition du secrétariat général.
Le Conseil national, réuni en session extraordinaire, a été un révélateur du tempo général au sein du parti. Avant le démarrage, quelques ténors affichent leurs distances avec l’idée d’un troisième mandat de Benkirane. Notamment Lahcen Daoudi et Aziz Rebbah. Quant à la base, il est impossible de connaître sa position avec précision.
Un troisième mandat est théoriquement possible, à condition de modifier les statuts dont l’article 16 est formel: “il est interdit d’aller au-delà de deux mandats successifs et complets“.
Seul le congrès peut modifier les statuts et pour cela, il faut passer par le conseil national qui doit proposer cette modification à l’ordre du jour du congrès.
Ce point ne figurait pas officiellement au menu de la session du conseil national. Ce dernier a examiné la date du congrès, a validé les procédures permettant de désigner les congressistes et… a connu un débat sur l’évaluation de la situation depuis les élections du 7 octobre 2016. (ci-dessous, la déclaration de Saâdeddine El Otmani à la fin des travaux).
Ci-dessous, laborieuse et soporifique allocution d'ouverture des travaux prononcée par le président du Conseil national
Selon une source interne qui a assisté aux débats, des voix se sont élevées pour demander un troisième mandat pour Benkirane et donc une modification des statuts. Elles n’étaient pas assez nombreuses pour être entendues. Le clan qui s’oppose à ce troisième mandat, mené par plusieurs ténors, semble déterminé et suffisamment fort.
Théoriquement, un troisième mandat reste possible. Si des événements changent le rapport de forces ou si Benkirane et son courant arrivent à susciter l’inscription de la modification statutaire à l’ordre du jour du congrès. Dans ce dernier cas, il faudrait que cette modification soit soumise au vote, adoptée et que cette adoption soit suivie d’un vote en faveur de Benkirane comme nouveau secrétaire général.
Le changement de l'article 16 des statuts doit figurer à l'ordre du jour du congrès. L'ordre du jour est déterminé par le Conseil National. Celui-ci statue sur proposition du secrétariat général. Cela fait pas mal d'étapes à surmonter.
A ce stade, le troisième mandat s'éloigne un peu plus. Mais il est trop tôt pour se faire une opinion plus précise. Quand à Benkirane, personne ne connaît ses intentions réelles.
Enfin, le Conseil national a validé la procédure de designation des congressistes: 1.500 viendront des régions, 60 des des structures à l'étranger. D'autres vont siéger ès qualité: les membres du conseil national, les parlementaires, les dirigeants des organisations parallèles, les présidents des collectivités territoriales. Les 1.560 délégués élus compteront 25% de femmes et 25% de jeunes. Ils seront élus dans le cadre d'assemblées générales à l'échelle régionale.
La journée du samedi a été marquée par un message essentiel, répété par tous: l'unité du parti doit primer. Ce message politiquement correct n'empêche pas les coups portés en coulisses, comme dans tout parti.