Le PJD décide ce samedi de la date de son congrès et de sa composition
Le PJD tient ce samedi 15 juillet un conseil national extraordinaire destiné à la préparation de son congrès. Sous les déclarations politiquement correctes, on décèle une forte tension liée aux enjeux du congrès et à la succession de Benkirane.
Comme les statuts et le règlement intérieur le prévoient, c’est le Conseil national qui doit valider les deux éléments clés du congrès: sa date et la désignation des congressistes.
La date proposée par le secrétariat général a été adoptée par le secrétariat général dans sa réunion du jeudi 13 juillet. Il s’agit du mois de décembre 2017.
Idem pour le processus de désignation des congressistes: le secrétariat général a examiné jeudi une procédure de désignation et l’a adoptée après l’avoir amendée.
Ces deux points figurent donc à l’ordre du jour de la session extraordinaire du Conseil national qui se tient ce samedi à Rabat.
Dans une déclaration à la presse peu avant le démarrage des travaux, Saâdeddine El Otmani, président du Conseil National, a indiqué que ces deux points sont les deux seuls inscrits à l’ordre du jour de la réunion de ce samedi.
Il restera alors, éventuellement pour une autre réunion, à approuver le budget du congrès ainsi que son ordre du jour.
L’ordre du jour est décisif. EN effet, le congrès est le seul habilité à changer les statuts. L’article 16 des statuts interdit au secrétaire général d’assumer plus de “deux mandats successifs complets“. Seul le congrès peut changer cet article. Peut-il le faire sans que cela figure à l’ordre du jour? Ni le règlement intérieur ni les statuts ne sont explicites à ce sujet.
Parmi les autres procédures préalables, la composition de la commission préparatoire du congrès et celle de la présidence du congrès.
Benkirane n'est pas contre un troisième mandat
L’ombre de Benkirane plane dans les esprits avec cette question qui revient: fera-t-il un troisième mandat malgré les dispositions des statuts ? Les statuts seront-ils modifiés?
Lahcen Daoudi, ministre des Affaires générales et de la gouvernance, a fourni sa réponse, avant le démarrage des travaux, en répondant à la presse : “on ne peut pas changer les statuts pour des personnes. Ce qui compte, c’est la structure et les objectifs. Mais si le congrès en décide autrement, je respecterai cette décision“. En 2016, il avait déclaré à Médias24, en réponse à la même question: “nous ne sommes pas une zaouia“.
Daoudi n’est pas le seul opposant à un troisième mandat: on peut ajouter dans le lot Mostafa Ramid et Saâdeddine El Otmani, ainsi que tous les ministres PJD. Ramid n’a pas apprécié le mot “trahison“ qui a été utilisé, il s’est senti visé.
Benkirane laisse la porte ouverte à un troisième mandat. Jeudi, il a déclaré à la sortie de la réunion du secrétariat général : “ma période est terminée. Sauf si la base en veut autrement.“ Autrement dit, il n’est pas contre.
Au PJD, comme dans la plupart des partis à référence islamiste, on ne fait pas acte de candidature. Ce sont les autres qui vous proposent. Un peu comme cela se passait, toutes proportions gardées, aux premiers temps de l’Islam.