Crise des migrants en Italie: droit du sang ou droit du sol ?
Faut-il accorder la nationalité italienne à un enfant né sur le territoire, de parents étrangers ? Un projet de loi visant à appliquer le droit du sol fait l'objet d'âpres débats en Italie alors que le pays fait face à un afflux de migrants sans précédent.
Un sondage publié jeudi 13 juillet révèle que 53,1% des Italiens se disent opposés au "ius soli" (droit du sol) contre 32,3% qui sont pour. Pourtant, ils étaient 41% à y être favorables (39% contre) dans un sondage équivalent réalisé en octobre.
Un revirement de l'opinion lié à une plus grande connaissance du sujet par les Italiens ainsi qu'à un contexte d'arrivées de plus en plus massives de migrants sur les côtes italiennes, explique le quotidien romain Il Messagero, qui a publié le sondage.
Débattue en Italie depuis une quinzaine d'années, la réforme du code de la nationalité vise à modifier la loi actuellement en vigueur basée sur le droit du sang ("ius sanguinis"), la nationalité italienne étant transmise par au moins l'un des deux parents.
Après avoir été adopté par les députés, un texte défendu par la gauche (au pouvoir) qui prévoit l'adoption d'un droit du sol est à présent au sénat où il suscite des débats houleux, émaillées d'insultes voire d'échauffourées, comme l'Italie en a le secret.
Le ius soli proposé, dit "tempéré", serait toutefois soumis à conditions, comme la néccessité qu'un des parents soit présent sur le territoire depuis au moins cinq ans ou que l'enfant accomplisse un cycle scolaire complet en Italie.
Vent debout contre cette loi, la droite avec à sa tête la Ligue du Nord (anti-immigration), considère qu'elle est "une erreur culturelle" et que les jeunes étrangers nés en Italie doivent décider à leur majorité s'ils veulent ou non être Italiens.
Opposé lui aussi au texte, l'ancien président du Conseil, Silvio Berlusconi (Forza Italia), estime qu'il est un "mauvais signal" alors que le pays est confronté à un afflux massif de migrants.
"Faire savoir qu'à partir d'aujourd'hui il est plus facile de devenir Italien va susciter des illusions et de faux espoirs en Afrique et rendra plus forte la pression migratoire", assure-t-il.
(Avec AFP)