Vidéo de Zefzafi: indignation générale sur les réseaux sociaux
Ils sont ministres, président de région, militants ou sociologues et ont tous réagi, sur les réseaux sociaux, à la vidéo polémique de Nasser Zefzafi. Florilège.
La vidéo polémique de Nasser Zefzafi, filmée depuis un lieu non identifié mais présenté comme étant la prison de Oukacha -où il est actuellement détenu- ne laisse personne indifférent. Et sur les réseaux sociaux, la tendance est plutôt à l'indignation.
Directement ou au lendemain de la publication de la vidéo, des personnalités publiques, ministres, responsables ou acteurs de la société civile y sont allés de leurs posts facebook. Une vague de solidarité avec le leader du hirak.
Les ministres PJD aux avant-postes
Première réaction: Mustapha Ramid. Dans son costume de ministre d'Etat chargé des droits de l'Homme, l'intéressé a fustigé "l'humiliation condamnable d'un citoyen désarmé", rappelant que "la dignité de tous les marocains est une ligne rouge" à ne pas franchir. La "colère" qu'il a ressentie en visionnant la vidéo a été partagée par le ministre de l'Intérieur Laftit Abdelouafi, à en croire Ramid.
Son homologue au ministère de l'Energie, Aziz Rabbah, craint quant à lui "que la situation s'envenime" et un retour "au point zéro" dans les efforts d'apaisement.
"A chaque fois que notre pays progresse dans le traitement des tensions et protestations, apparaissent des fuites à des moments et dans des conditions soigneusement choisies et d'une manière malveillante", écrit le ministre, saluant au passage la sortie de son "frère Ramid", son co-partisan au PJD.
Ilyas Elomari, quiétude des morts et des vivants
Au PAM également, les réactions ne se sont pas fait attendre. Sur sa page, le secrétaire général du parti, Ilyas Elomari a dénoncé ce qui pour lui est "la bêtise dans toute ses dimensions et significations".
Habitué des sorties lyriques, le président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima fait savoir que "ce genre d'agissements et d'autres plus ou moins atroces, enlèvent non seulement la quiétude des vivants, mais aussi celles des morts."
"Hideuse et dégoutante". C'est la description que fait Hakim Benchamach, autre figure du PAM, de la vidéo incriminée. Pour le président de la Chambre des conseillers, l'incident "signifie qu'ils sont en train de nous tirer vers le point le plus profond". Qui nous tirent? Benchamach se réserve la réponse...
Ils s'adressent à l'auteur de la vidéo
"Quel qu'il soit, l'auteur de la vidéo sur Nasser Zefzafi doit être exposé devant l'opinion publique et subir la sanction qu'il mérite". Le célèbre activiste et poète, Salah Elouadie, appelle les autorités publiques concernées à agir au plus vite: "l'opinion publique commence à perdre patience", dit-il.
Abdellah Tourabi, journaliste et chroniqueur, met lui aussi le vidéaste dans sa ligne de mire: "Il y a des gens qui n'arrivent pas encore à comprendre que le Maroc a changé, que les Marocains ont changé, que certaines pratiques ne sont plus acceptées. Ces gens-là doivent changer de logiciel car leur manière de fonctionner est devenue complètement obsolète et ils font beaucoup de mal à ce pays."
Sans même visionner la vidéo, et ce "par pudeur citoyenne", l'historien et sociologue Mohammed Ennaji désigne pour sa part un coupable: "Le pouvoir", dit-il, qu'il a vu "nu, difforme et monstrueux."