Deux épouses de jihadistes marocains et membres présumées de Da'ech remises à l'Espagne
Les épouses espagnoles de deux jihadistes marocains de l'organisation Da'ech en Syrie, soupçonnées aussi d'avoir oeuvré pour le groupe jihadiste, ont été remises mardi 11 juillet à l'Espagne par la Turquie, a annoncé la Garde civile.
"Les détenues, visées par un mandat d'arrêt international sollicité par la garde civile, se sont rendues sur le territoire de Da'ech pendant plus de deux ans. Elles étaient mariées à des jihadistes marocains qui ont participé à des assassinats de masse", précise la Garde civile dans un communiqué.
Les deux femmes, A.A.L. et F.A.L., avaient des "liens avec des membres très actifs de l'organisation" qui en faisaient de possibles "facilitatrices pour l'organisation terroriste en Espagne", affirme la Garde civile.
Elles sont en garde à vue, dans l'attente de leur présentation à un magistrat de l'Audience nationale, haut tribunal de Madrid chargé notamment des affaires de terrorisme, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la Garde civile.
En Syrie, elles se trouvaient selon la Garde civile "dans un contexte d'extrême brutalité, vivant volontairement sous les joug du groupe terroriste Da'ech." "Leur niveau d'endoctrinement et d'extrémisme religieux en fait une menace potentielle pour la sécurité nationale", poursuit le communiqué.
Elles s'étaient rendues en Syrie en mars et en avril 2014 pour y rejoindre leurs compagnons, Mohamed Hamdouch et Mourad Kadi, qui seraient morts fin 2015. Le premier, surnommé "le décapiteur de Castillejos" (nom espagnol de Fnideq), avait offert comme cadeau de mariage une ceinture d'explosifs à sa femme, avec qui il a eu un enfant, selon la Garde civile. Celle-ci s'est ensuite remariée "avec un autre jihadiste marocain" avec qui elle a eu un autre enfant.
Selon une étude du think tank espagnol Real Instituto Elcano, à partir de données judiciaires et policières, les femmes se rendant dans les territoires contrôlés par Da'ech y vont majoritairement (environ 61%) pour des raisons "affectives", comme rejoindre un combattant pour se marier. La moitié (55%) ont été radicalisées au moins en partie sur Internet.
(Avec AFP)