Optimiste, le FMI s'attend à une croissance de 4,8% en 2017 au Maroc
C'est ce qu'a annoncé une équipe du Fonds monétaire International, dirigée par Nicolas Blancher, au terme de sa mission relative à la deuxième revue de l’accord au titre de la ligne de précaution et de liquidité en faveur du Maroc.
"Les autorités marocaines restent déterminées à poursuivre des réformes importantes sur le plan budgétaire, financier et structurel, afin de rendre l’économie plus résiliente aux chocs extérieurs et de favoriser une croissance plus élevée et plus inclusive", a déclaré M. Blancher, lors d'une conférence de presse tenue ce 10 juillet au siège du ministère de l'Economie et des Finances à Rabat (vidéo à la fin de l'article).
Les services du FMI en mission au Maroc affirment que les perspectives économiques pour 2017 demeurent favorables. Ils s’attendent à un rebond de la croissance à 4,8% en 2017, grâce à la reprise vigoureuse dans le secteur agricole. Ils indiquent toutefois que la croissance hors agriculture s’accélèrera de manière modeste, à 3,3% (+0,2 point).
Par ailleurs, l’équipe ayant séjourné au Maroc du 29 juin au 10 juillet 2017, afin de mener avec les autorités marocaines les discussions concernant la deuxième revue de l’accord au titre de la ligne de précaution et de liquidité (LPL), note également des performances et des politiques macroéconomiques solides, en dépit de la volatilité de la production agricole, de la faiblesse de la croissance chez les partenaires commerciaux, et des risques extérieurs qui demeurent élevés. Des risques qui, d’ailleurs, légitiment la LPL.
"L’achèvement de la revue par le Conseil d’administration [du FMI, ndlr.] permettra au Maroc d’accéder à 2,5 milliards de DTS [Droits de tirages spéciaux, ndlr.], soit environ 3,42 MM$ au titre de l’accord LPL", a déclaré Nicolas Blancher. "Les autorités marocaines continuent de considérer cet accord comme un accord de précaution".
D'une autre part, la mission du FMI estime que le déficit du compte courant devra se réduire à 4% du PIB en 2017, du fait de la croissance continue des exportations et en dépit d’une augmentation des importations énergétiques.
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Avec un niveau de déficit du compte courant plus élevé que prévu dans les années précédentes, les réserves internationales brutes devront avoisiner 24 MM$ à fin 2017, soit environ 6 mois d’importations. Dans ce sens, Nicolas Blancher estime que la réforme du régime de change apportera davantage de stabilité à l’économie marocaine, en lui permettant de réagir et résister aux chocs.
"Les services du FMI souscrivent à l’assouplissement du régime de change auquel les autorités ont l’intention de procéder de manière progressive, et qui permettra à l’économie marocaine de mieux absorber les chocs extérieurs et de rester compétitive à l’avenir".
Quant au déficit budgétaire, Nicolas Blancher et son équipe estiment qu’il devra régresser à 3,5% du PIB en 2017, grâce à l’augmentation des recettes et à la maîtrise des dépenses: "L’équipe du FMI note avec satisfaction que les autorités ont l’intention de poursuivre les réformes budgétaires, notamment en vue de mettre en place un système fiscal plus équitable et plus juste, et de réduire la dette publique à moins de 60% du PIB d’ici 2021", souligne l’équipe.