Boeing relève sa prévision pour le marché dans 20 ans à 6.050 milliards de dollars
Boeing a revu à la hausse, mardi 20 juin, ses prévisions, avec un doublement de la flotte dans le monde d'ici 20 ans, au deuxième jour de la 52e édition du salon du Bourget marqué par de nouvelles commandes d'avions, notamment la version allongée de son 737 destiné à contrer le succès d'Airbus sur le moyen-courrier.
Le géant de Seattle table désormais sur une demande de 41.030 nouveaux appareils dans le monde, pour une valeur de marché de 6.050 milliards de dollars. Cette prévision est cohérente avec celle de son concurrent Airbus, qui table sur 35.000 appareils pour une valeur de marché de 5.300 milliards de dollars.
Les périmètres des études des deux avionneurs sont toutefois différents, l'américain incluant les avions de plus de 30 sièges, tandis qu'Airbus ne tient compte que de ceux de plus de 100 places.
"Nous voyons un doublement de la flotte" d'avions dans le monde d'ici 2036, a déclaré devant la presse Randy Tinseth, le vice-président marketing de la branche aviation civile de Boeing. "Le trafic passagers a été très important depuis le début de l'année, et nous prévoyons une hausse de 4,7% par an au cours des deux prochaines décennies."
Il a également indiqué que Boeing comptait livrer entre 760 et 765 avions cette année, contre 748 en 2016, et devancer ainsi son concurrent européen Airbus. Ce dernier a livré 688 appareils l'an dernier, et prévoit de dépasser les 700 unités cette année.
C'est en Asie que la demande sera la plus forte, selon Boeing. Elle nécessitera ainsi 16.050 nouveaux appareils, soit environ le double des besoins de l'Amérique du Nord (8.640 appareils) et l'Europe (7.530). Le Moyen-Orient, devenu un acteur clé du long-courrier avec des compagnies comme Emirates ou Qatar Airways, aura besoin de 3.350 nouveaux avions.
Chinois et Russes se préparent à concurrencer Airbus et Boeing
Le C-919 chinois et le MC-21 russe sont les grands absents de la 52e édition du Bourget, mais les constructeurs des deux mono-couloirs ne cachent pas leur ambition de concurrencer à l'avenir les moyen-courriers d'Airbus et Boeing, voire les très lucratifs long-courriers.
"Depuis des décennies, il n'y avait que deux familles d'avions concurrentes sur le segment des mono-couloirs, l'A320 et le 737" d'Airbus et Boeing, rappelle à l'AFP Stéphane Albernhe, managing partner chez Archery Consulting. "Les choses sont en train de changer, car le duopole est attaqué par le CSeries de Bombardier, le C919 de Comac et le MS-21 d'Irkout".
"Ces nouveaux entrants ont pour eux des Etats qui les soutiennent et ils ne vont pas s'arrêter là", poursuit-il. "Ils ont démarré avec le segment des mono-couloirs, mais il y a fort à parier, au moins pour ce qui concerne les Chinois, que le prochain modèle sera un long-courrier."
Pour l'heure, les deux avions sont encore en développement. Le C-919 de l'entreprise publique Commercial Aircraft Corporation of China (Comac) a effectué son premier vol le 5 mai. L'appareil, capable d'emporter 168 passagers sur 5.500 km, a enregistré 600 commandes, selon Comac.
Le MC-21 de l'entreprise publique russe Irkout a volé pour la première fois le 28 mai en Sibérie. Capable de transporter entre 132 et 211 passagers jusqu'à 6.000 kilomètres de distance, il a été commandé à 175 exemplaires, selon Irkout.
Pour Gilles Fournier, le directeur général délégué du Bourget, "ces avions ne sont pas encore assez mûrs pour venir s'exposer" au salon. Mais, ajoute-t-il, "je pense qu'on les aura dans deux ans."
Pékin et Moscou voient plus loin. Ils ont annoncé le 22 mai un ambitieux projet pour développer ensemble un avion long-courrier cette fois, baptisé C-929 par les Chinois.
L'appareil pourra accueillir 280 passagers pour des vols allant jusqu'à 12.000 kilomètres. Il se positionne ainsi comme un concurrent frontal du 787 "Dreamliner" de Boeing et de l'A350 d'Airbus, les dernier-nés des deux géants.
Il sera développé en partenariat par Comac et la société publique russe United Aircraft Corporation (UAC). Des médias chinois ont cité des responsables indiquant que le projet pourrait être valorisé entre 13 et 20 milliards de dollars.
(Avec AFP)