Qatar: l'isolement peut durer “des années”, avertit un ministre émirati
L'isolement du Qatar peut durer "des années", a prévenu, lundi 19 juin, un haut responsable des Emirats Arabes Unis qui exigent avec leurs alliés arabes que ce petit pays renonce à son soutien aux "jihadistes" et aux islamistes radicaux pour lever leurs sanctions.
"Nous ne voulons pas d'escalade, nous voulons isoler le Qatar. Nous misons sur le temps", a expliqué à Paris le ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, à plusieurs médias dont l'AFP.
Les Emirats, l'Arabie saoudite et Bahrein ont depuis deux semaines rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar, comme ils ont fermé leurs frontières terrestres et maritimes avec le richissime émirat gazier et lui ont imposé de sévères restrictions aériennes.
Il exigent que Doha "change de politique" pour lever leurs sanctions, a ajouté le ministre, exprimant l'espoir que "des personnalités sages au Qatar, même au sein de la famille régnante", fassent pression sur l'émir, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, en ce sens.
M. Gargash a accusé le petit émirat d'avoir "construit une plateforme sophistiquée de soutien financier, médiatique, et politique" des islamistes radicaux et d'abriter plusieurs de leurs dirigeants.
"Nous avons une occasion en or de casser ce soutien", a soutenu le ministre pour justifier les sanctions, en vertu desquelles les Qataris doivent quitter à partir de lundi les trois pays du Golfe. Les citoyens saoudiens, bahreinis et émiratis installés au Qatar doivent faire de même.
Il a en particulier accusé le Qatar de "soutenir financièrement des groupes liés à Al-Qaïda en Syrie", comme l'ex-Front Al Nosra, "en Libye, comme le conseil de la Choura de Derna et celui de Benghazi, et au Yémen".
Le ministre a indiqué que l'Arabie saoudite, les Emirats, Bahreïn et l'Egypte soumettraient "dans les prochains jours" au Qatar une liste de leurs demandes, qui comprendraient l'expulsion de personnalités radicales, sans plus élaborer.
Mais il a réclamé la mise en place par les Occidentaux d'un "mécanisme de surveillance" pour s'assurer que l'émirat du Golfe respectera bien ses engagements.
"Les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne ou l'Allemagne ont le poids politique et l'expertise technique pour instaurer un tel mécanisme de surveillance", a ajouté le ministre des Emirats, dont le prince héritier, cheikh Mohammed Ben Zayed, doit être reçu mercredi 21 juin à Paris par le président français Emmanuel Macron.
(Avec AFP)