Automobile. Lancement officiel du chantier de l’usine à moteurs de PSA à Kénitra
La nouvelle usine disposera d’une capacité de production de 90.000 véhicules/an au démarrage, pour arriver à 200.000 unités en pleine capacité, avec un taux d’intégration locale de 60% au démarrage du projet et de 80% à terme.
C’est parti pour la première usine à moteurs de PSA au Maroc. Ce 15 juin, sur un grand terrain de l’Atlantic Free Zone de Kénitra, le coup d’envoi du projet a été donné par Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Économie Numérique; en compagnie de Carlos Tavares, président du Directoire du Groupe PSA.
Déployée conformément au protocole d’accord signé le 19 juin 2015 entre le groupe français et le Royaume du Maroc, sous la présidence effective du Roi Mohammed VI, cette usine produira dès 2019, des moteurs et des véhicules couvrant les besoins de la région MENA et des clients marocains.
"Ce projet, qui bénéficie d’un soutien exemplaire des autorités marocaines, contribue à l’ambition commerciale de la région Afrique Moyen-Orient de vendre un million de véhicules par an à l’horizon 2025, dont pas moins de 70% sont produits dans la même région", a souligné Carlos Tavares. Le groupe table sur la croissance remarquable qu’enregistrent les ventes dans la région, PSA ayant presque doublé son volume entre 2014 et 2016.
Les travaux étant déjà entamés il y a quelques mois, le chantier de l’usine fait intervenir un effectif de 1.500 personnes de 100 entreprises impliquées. Le complexe industriel se veut "de dernière génération", avec des capacités de développement et de croissance mais également d’évolution vers la production des "véhicules de demain", hybrides ou électriques.
"Cette usine est conçue selon nos meilleurs référentiels de gestion de flux et de processus", a souligné Rémi Cabon, directeur général de PSA au Maroc.
La nouvelle usine disposera d’une capacité de production de 90.000 véhicules/an au démarrage, pour arriver à 200.000 unités en pleine capacité.
D’une autre part, le nouveau complexe industriel de PSA bénéficie d’un tissu de fournisseurs qui se développe au Maroc, permettant la réalisation d’un taux d’intégration locale de 60% au démarrage du projet et de 80% à terme, comme il est prévu dans le protocole d’accord.
"Le projet entame une nouvelle transformation du secteur de l’automobile: il s’accompagnera d’une montée en valeur significative des filières et d’une densification du tissu des équipementiers", a indiqué Moulay Hafid Elalamy.
La performance des fournisseurs locaux d’équipements automobiles permettra à ces derniers de bénéficier d’une croissance très significative de leur activité. Les commandes affectées jusqu’à présent (640 millions d’euros) sont en ligne avec les objectifs de sourcing local (1 milliard d’euros).
"Les retombées hautement positives de ce projet pour le secteur profiteront aussi à la région qui l’accueille; l’ambition nationale d’assurer un développement territorial équilibré et pérenne se concrétise", a ajouté Moulay Hafid Elalamy. "Vous vous dites certainement qu’il aurait pu être plus naturel que PSA s’installe à Tanger, mais son installation à Kénitra entre dans le cadre de ce développement régional".
Par ailleurs, le groupe PSA a également signé un accord de coopération avec l'IFMIA, le réseau d'instituts de formation de l'industrie automobile, portant sur la formation de ressources humaines conformément aux exigences et standards de production du groupe PSA. D’autres partenariats sont à l’étude avec l’OFPPT et des universités au Maroc.
Avec le démarrage de la production de PSA, le Maroc portera sa production à 620.000 voitures par an et entrera éventuellement dans le top 20 mondial. Avec un troisième constructeur, vers 2020 ou 2022, le Maroc espère atteindre le million de véhicules produits par an et entrer dans le top 7 mondial.