Tenue du congrès de l’Istiqlal: Hamid Chabat joue les prolongations
Depuis l’annonce de l’organisation du 7ème congrès national pour fin juillet, le comité préparatoire ne s’est pas réuni une seule fois. Devant la montée en puissance de Nizar Baraka, le secrétaire général sortant table sur le pourrissement de la situation pour se présenter en ultime recours le plus tard possible.
Alors que Hamid Chabat avait validé, en tant que président, la décision du comité exécutif de tenir un congrès national les 21, 22 et 23 juillet pour renouveler toutes les instances du parti, la perspective de le tenir à ces dates s’éloigne.
Un dîner organisé mardi 13 juin à Rabat montre que le clan du secrétaire général sortant n’a pas déposé les armes et compte organiser une riposte contre le courant contestataire de Hamdi Ould Rchid qui soutient la candidature de Nizar Baraka au secrétariat général.
Interrogé par Médias24, un des chefs de file du courant des réformateurs déclare que les participants qui prétendent n’appartenir à aucun clan se sont réunis pour sauver le parti du système de clanisme alors que les pro-Chabat étaient présents en force.
"Cette réunion est une énième manœuvre du secrétaire général qui a financé ce dîner dans une salle des fêtes pour pousser ses invités à engager un nouveau bras-de-fer avec le courant de Hamdi Ould Rchid. Encore soutenu par la majorité de la chabiba et par une partie de l’UGTM, il ne veut pas lâcher prise. Ainsi, son clan qui était au complet a martelé toute la soirée qu’il fallait sauver l’Istiqlal authentique incarné par leur leader des manœuvres dilatoires des renégats", accuse notre source.
Concernant l’idée de réunir un Conseil national pour démettre Chabat, notre interlocuteur confirme que de nombreux "députés" du parti la partagent mais qu’elle n’aboutira jamais.
"Cette initiative n’a aucune chance de parvenir à le limoger. Les statuts du parti lui permettent d’éviter la convocation du parlement de l’Istiqlal sachant que même Toufik Hjira qui le préside n’est pas habilité à convoquer une session extraordinaire de ce conseil. Pour y arriver, il faut que le comité exécutif prenne cette décision avec l’aval de Chabat qui n’est pas suicidaire", regrette notre réformateur.
Afin de contrecarrer les ambitions de ses opposants, le secrétaire général sortant profite de l’arsenal juridique pour éviter d’être destitué mais aussi pour reporter ad vitam aeternam le congrès prévu fin juillet qui devait lui permettre de rempiler ou de lui désigner un successeur.
"Dans la situation actuelle, il est impossible que le congrès se tienne fin juillet comme annoncé le 26 mai dernier. Depuis cette date, de l’eau a coulé sous les ponts et Chabat a compris que s’il permettait sa tenue, il ne sera pas réélu", prédit notre interlocuteur.
Selon lui, le secrétaire général a encore une fois changé son fusil d’épaule et table désormais sur le pourrissement quitte à attendre plusieurs mois pour organiser le congrès national.
"Il pense que la tension au sein de l’Istiqlal finira par retomber en émigrant vers les événements d’Al Hoceima et qu’il pourra négocier avec une partie de ses opposants pour se faire réélire à la tête du parti", conclut-il.
Du côté du candidat non-officiellement déclaré Nizar Baraka qui enchaîne les réunions quotidiennes avec ses partisans, on s’attend à une déclaration officielle de candidature dans les jours à venir …