Le blocus du Qatar ne devrait pas affecter ses exportations de gaz
Le blocus diplomatique et économique du Qatar, décidé par l'Arabie saoudite et ses alliés, aura un sévère impact à court terme sur les importations de nourriture, mais les exportations de gaz et de pétrole du petit émirat ne devraient pas souffrir.
La rupture avec Doha coupe le seul accès terrestre pour le Qatar, menaçant ainsi ses importations de produits alimentaires frais et de matières premières nécessaires pour ses projets d'infrastructure de quelque 200 milliards de dollars liés au Mondial 2022 de football, selon des analystes.
Mais les exportations qataries de gaz naturel liquéfié (GNL) et de pétrole, qui procurent plus de 90% des revenus publics, resteront quasiment intactes.
"Environ 40% de l'approvisionnement alimentaire du Qatar transite par la frontière terrestre avec l'Arabie saoudite", selon une étude d'Anthony Skinner, directeur pour le Moyen-Orient de Verisk Maplecroft, un cabinet de conseil mondial en risques.
Désormais, les autorités qataries "dépendront de plus en plus du fret maritime et aérien, ce qui augmentera les coûts et l'inflation", explique M. Skinner.
L'impact a été immédiat puisque des habitants de Doha, paniqués, ont dès lundi 5 juin pris d'assaut les supermarchés pour se faire des stocks en vivres malgré les assurances du gouvernement qu'il n'y aurait pas de pénurie.
L'alternative pour le Qatar est d'importer des vivres d'Iran ou d'Oman par voie maritime, et par avion depuis la Turquie, l'Europe et l'Asie du Sud-Est.
Un responsable iranien a déjà fait savoir que son pays était prêt à approvisionner le Qatar par bateau, une traversée de 12 heures dans les eaux du Golfe.
L'Arabie saoudite et ses alliés ont suspendu les liaisons aériennes avec le Qatar et fermé les bureaux de la compagnie aérienne de ce pays.
(Avec AFP)